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Montréal: Le règlement sur les pitbulls basé sur le «gros bon sens»

Une discussion privée à l’hôtel de ville révèle un manque d’étude sur le sujet

Pitbull
Photo d’archives, AFP

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La confusion règne à moins d'une semaine du vote pour l'adoption du règlement qui uniformisera le contrôle animalier à Montréal. C’est ce qui est ressorti d’une rencontre entre élus municipaux moins privée que prévu, puisque les micros étaient ouverts.

Selon ce que le journal 24 Heures a appris au fil des discussions, le tiers des chiens qui ont causé des morsures à Montréal sont des pitbulls. Sauf que ce constat ne vaut que pour les quatre derniers mois.

Les fonctionnaires qui ont travaillé sur ce projet de règlement ne savaient visiblement pas que leurs réponses fournies aux élus étaient diffusées dans la salle de presse de l’hôtel de ville.

Ils ont notamment avoué qu’ils ont accès à peu de statistiques sur les morsures de chiens à Montréal. Ils ont simplement indiqué que des 45 morsures enregistrées dans les quatre derniers mois, 41 proviennent de chiens qui ont pu être identifiés, dont 15 de types pitbull.

Ils ont aussi dû reconnaître ne pas encore avoir déterminé comment les itinérants pourront conserver leurs animaux en conformité avec le règlement lorsqu’il entrera en vigueur dans moins de deux semaines.

Ils ont enfin admis qu’il leur était impossible de déterminer si un chien est un pitbull avec des tests d’ADN et qu’ils se baseront sur des caractéristiques morphologiques pour les identifier.

Le conseiller Peter McQueen, de Projet Montréal, a demandé quelles études scientifiques ont été consultées pour ce projet.

Anie Samson, l’élue qui pilote le projet, lui a répondu : «Ce n’était pas ça l’objectif, on ne voulait pas un débat scientifique, on voulait un règlement du gros bon sens.»

Règlement payant

La Ville estime que l’octroi de contraventions et les nouvelles demandes de permis animaliers génèreront environ 3,5M$ en revenus supplémentaires.

Depuis la mise en place de la brigade canine de la Ville, les propriétaires de chiens qui ne portent pas de laisse et qui n’ont pas de médaille ont reçu environ 900 contraventions.

Le coût de cette brigade coûtera environ 1,1 M$ et les 2 M$ restants seront versés aux arrondissements pour qu’ils embauchent des inspecteurs animaliers locaux.

Règlements assouplis

Les mairesses Manon Barbe, de LaSalle, et Marie Cinq-Mars, d'Outremont, ont par ailleurs soulevé que des éléments contrediront les règles déjà en place dans leurs arrondissements.

En effet, le présent règlement interdit déjà les pitbulls à Outremont. Mme Cinq-Mars semblait particulièrement mécontente d'apprendre que les pitbulls ne seront donc plus interdits sur son territoire dès le mois d'octobre.

À LaSalle, les chiens sont présentement interdits dans les parcs. Le nouveau règlement permettra aux propriétaires de chiens en laisse de s'y promener sans problème.

Une réunion pas si privée

Cette réunion d’information qui devait répondre aux questions des élus sur le futur règlement qui interdira les pitbulls a été diffusée par erreur, sans qu’ils ne sachent qu’ils étaient écoutés.

Réunis dans la salle du conseil municipal, à l’Hôtel de ville, une trentaine d’élus ont participé à une rencontre d’information privée pour répondre à leurs questions avant que ne soit adopté le règlement qui interdira les pitublls à Montréal.

Le hic, c’est que le son capté par les micros des élus était transmis sur le canal interne de diffusion des instances et était ainsi accessible aux journalistes dans la salle de presse de l’hôtel de ville. La caméra ne filmait pas les interventions, mais captait le son tout aussi clairement que lors des séances officielles.

Il a donc été possible d’entendre les questions de certains élus, qui semblaient mécontents de la forme que prendra ce futur règlement.

Selon des informations obtenues par le 24 Heures, environ 14 élus de l'Équipe Coderre ont participé à cette rencontre, mais seulement deux ont posé une question. Rappelons que M. Coderre détient la majorité au conseil municipal.