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Qui sommes-nous vraiment?

Trois auteurs tentent de démystifier les paradoxes de l’identité québécoise dans un livre à paraître

Pierre Duhamel (à gauche), Jean-Marc Léger (au centre) et Jacques Nantel (à droite) ont mis trois ans pour décoder l’ADN des Québécois.
Photo Chantal Poirier Pierre Duhamel (à gauche), Jean-Marc Léger (au centre) et Jacques Nantel (à droite) ont mis trois ans pour décoder l’ADN des Québécois.

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Le Québécois est un Français... mais en plus modeste. Il est aussi un Anglais plus émotif et un Américain, mais plus pacifiste.

Tenter de comprendre le Québec c’est apprendre à jongler avec nos paradoxes, exposent trois auteurs dans Le Code Québec, un ouvrage qui paraîtra lundi dans les librairies.

Nous sommes la province la plus préoccupée par la pauvreté, mais aussi celle qui donne le moins aux œuvres de charité. Les Québécois sont les plus croyants du pays, mais nous pratiquons beaucoup moins que nos compatriotes.

Pendant trois ans, Jean-Marc Léger, cofondateur de la firme de sondage Léger, a tenté de décoder l’ADN des Québécois et d’en extraire sept traits communs qui nous définissent (voir pages 34 à 37).

Pour ce faire, il s’est entouré de deux autres sommités: Jacques Nantel, professeur émérite à HEC Montréal, et Pierre Duhamel, directeur général de la Fondation entrepreneurship.

Une quête

«Quand on a commencé cet exercice, on savait ce qu’on cherchait, mais on n’avait aucune idée de ce que nous allions trouver véritablement», explique M. Duhamel.

«On a commencé avec un sondage et au fur et à mesure de nos enquêtes, de nos recherches, et de nos rencontres... tout ça a pris forme. C’était vraiment une quête, une exploration», ajoute-t-il.

Une des découvertes les plus importantes du livre, selon M. Léger, est que le tiers des Québécois s’identifie d’abord à la culture française, un autre tiers à la culture anglo-saxonne et un autre tiers à la culture américaine.

Le Québécois est un unique mélange de trois cultures.

«Pour moi, la chose la plus fascinante est que, dans le fond, 71 % du code québécois est commun avec les Canadiens anglais», poursuit M. Nantel.

C’est donc dire que les Québécois et les Canadiens anglais partagent une majorité de comportements semblables.

«Mais le 29 % restant fait toute la différence», affirme M. Nantel. Les auteurs se sont donc attelés à analyser et décortiquer sous tous les angles ce qui se cachait derrière cette donnée.

Aucun tabou

Avec toute une série de sondages exclusifs réalisés pour cet ouvrage en plus de tous ceux accumulés par Léger depuis 30 ans, les Québécois se sont révélés par eux-mêmes.

«Ce ne sont pas des gens dans un bureau qui ont dit “on va vous expliquer qui vous êtes”, insiste M. Léger. Ce livre dit tout haut ce que les Québécois nous ont dit tout bas.»

De la sexualité des Québécois à notre rapport aux immigrants, aucun tabou n’a été évité.

«On ne fait pas un portrait complaisant du Québec. Notre livre est un miroir dans lequel les Québécois vont se voir nus, dit M. Léger. Certains vont s’aimer, d’autres moins.»


Différents, oui mais...

Le livre s’intéresse aux spécificités des Québécois, mais les auteurs rappellent que nous sommes moins différents du reste du Canada que nous aimons parfois le penser. La réalité est que le Québec diffère d’une région à l’autre comme c’est le cas partout ailleurs au pays. Le Canada est une mosaïque culturelle.

«Nous le connaissons mal, le Canada, et entretenons plusieurs mythes», dit Jean-Marc Léger.

Les francophones du Québec partagent, par exemple, beaucoup de valeurs et des comportements avec les Britanno-Colombiens que ce soit sur des sujets comme l’avortement ou la protection de l’environnement. Et tout comme les Albertains, les Québécois entretiennent une certaine méfiance à l’égard de Toronto.

Plus libres sexuellement

Les Québécois sont de bons vivants. Cela se traduit même dans leur sexualité où ils sont plus permissifs.

En tout, 30 % des Québécois francophones disent vivre une relation libre en matière de sexualité, contre 22 % des Canadiens anglais.

Davantage de Québécois ont été trompés par leur conjoint(e) et ils sont aussi plus nombreux à accepter que leur ado de 16 ans invite leur petit(e) ami(e) à coucher. Mais aucun sondage ne démontre qu’on fait plus souvent l’amour de ce côté-ci de la rivière des Outaouais.

Il n’en demeure pas moins que lorsqu’on demande aux francophones s’ils préfèrent l’argent ou le sexe, ils répondent la partie de plaisir alors que les anglophones préfèrent la richesse.

Un peu racistes, MAIS...

Les Québécois ont souvent été taxés de racisme ces dernières années dans les médias du Canada anglais, avec la crise des accommodements raisonnables et le projet de charte des valeurs.

Le Code Québec nous apprend que 20 % des Québécois se disent plutôt ou un peu racistes, ce qui est légèrement plus élevé qu’au Canada anglais (16 %).

En France, ce taux grimpe à 35 % contre 51 % aux États-Unis.

Un sondage Léger démontre que les Québécois voient d’un bon œil l’immigration, tant que les lois et coutumes d’ici sont respectées. Bref, ils ont davantage peur du retour du religieux que des étrangers.

 

Les sept traits qui nous définissent

 

Les trois auteurs du Code Québec ont trouvé, sondages à l’appui, sept traits qui forment l’ADN de notre identité. Ces traits permettent d’expliquer par exemple pourquoi nous aimons plus la fondue chinoise que les Ontariens. Voici ces sept caractéristiques qui sont en nous à des degrés différents.

1. Heureux

«Pour un Québécois, le plaisir, c’est sérieux»

– Anthony Bourdain, animateur vedette à CNN

Pierre Duhamel (à gauche), Jean-Marc Léger (au centre) et Jacques Nantel (à droite) ont mis trois ans pour décoder l’ADN des Québécois.
Photo Ben Pelosse

Au Québec, tout est un prétexte pour faire la fête. Nous sommes de bons vivants, nous aimons passionnément nos vedettes, notre équipe de hockey, nos émissions de télévision, nos humoristes et la bonne bouffe.

La joie de vivre est au cœur de la différence québécoise. «Un des aspects qui distinguent le plus le Québec français du Canada anglais est la réponse à la question: “Est-ce qu’il est plus important pour vous de vivre le moment présent ou préparer votre avenir?” Les trois quarts des Québécois francophones répondent le moment présent et la majorité des anglophones disent préparer l’avenir», explique Jean-Marc Léger.

Égalitaire

La question est donc de savoir ce qui nous rend si heureux. «On est une société beaucoup plus égalitaire que les États-Unis et que le reste du Canada, à bien des égards», explique Jacques Nantel. On n’a qu’à penser aux droits de scolarité qui sont les plus bas au pays, aux congés parentaux les plus généreux en Amérique du Nord, ou aux centres de la petite enfance, notamment.

«Plusieurs sociologues qui ont étudié la question ont conclu qu’une société plus égalitaire amenait plus de joie de vivre et de bonheur», souligne M. Nantel.

«On est plus heureux parce qu’on est plus taxé, ajoute Jean-Marc Léger. Et on est plus taxé, parce qu’on est plus égalitaire et on a plus de services. Le bonheur est là, quand tu penses que tu n’es pas défavorisé par rapport à ton voisin.»

Notre joie de vivre se traduit notamment dans notre façon de consommer. Un sondage cité dans le livre révèle que 70 % des Franco-Québécois aiment magasiner, alors que ce taux n’est que de 45 % chez les Anglo-Québécois. «On investit dans le fun», conclut M. Nantel.


Qu’est-ce qui est le plus important pour vous ?

Vivre le moment présent

  • Québécois francophones: 74%
  • Anglophones du ROC: 46%

Préparer l’avenir

  • Québécois francophones: 26%
  • Anglophones du ROC: 54%

Les deux tiers des Québécois francophones disent qu’ils ne s’ennuient jamais, contre un peu moins de la moitié des Canadiens des autres provinces. Ils ont plus de projets, rient davantage et regardent moins la dépense quand il s’agit de se faire plaisir.


Dépenses consacrées à ...

Boissons alcoolisées

  • Québec: 1129 $
  • Ontario: 717 $
  • Différence: 36,49 %

Jeux de hasard

  • Québec: 150 $
  • Ontario: 134 $
  • Différence: 10,67 %

Véhicules récréatifs et services connexes

  • Québec: 678 $
  • Ontario: 413 $
  • Différence: 39,09 %

2. Consensuel

«On ne se querelle pas publiquement comme les Français ou en privé comme les Anglais. Les Québécois sont exagérément consensuels»

– Mathieu Bock-Côté, sociologue et chroniqueur au Journal de Montréal

Tout le monde est d’accord, le consensus est extrêmement important au Québec. «Quand on fait des focus groups au Québec, après 10 minutes j’ai un consensus, explique Jean-Marc Léger. À Toronto, ils ne sont jamais d’accord et au Maroc, ils s’engueulent.»

Plusieurs aspects peuvent expliquer ce besoin. Selon l’historien Éric Bédard cité dans le livre, ce trait découle de notre statut de minoritaires. «Nous voulons parler d’une seule voix pour nous faire entendre. Nous avons peur de la division», dit-il.

M. Léger ajoute qu’il faut aussi y voir un héritage des Premières Nations. «La structure de décision et notre ouverture aux autres sont influencées par la culture amérindienne», dit-il.

Les Québécois ont aussi dû se serrer les coudes pour passer au travers des épreuves. «L’abandon de la France, l’assimilation britannique, la froidure de l’hiver, l’invasion de la culture américaine... ll a fallu qu’on s’entraide et cela crée ce consensus», souligne le président de Léger.

Pas de chicane

La recherche du consensus rend toutefois les Québécois allergiques aux débats. «Pas de chicane dans la cabane, on ne parle pas religion ou politique autour de la table. C’est comme sur la question nationale: on veut la division sans coup de feu», affirme Mathieu Bock-Côté, sociologue.

«Les Québécois ne savent pas débattre; ils s’insultent ou se contentent de cataloguer les individus au lieu de discuter de manière profonde les idées défendues par autrui», ajoute le politologue Jean-François Caron cité dans le livre.

Pour éviter la chicane et les débats, le Québec est devenu une société tolérante, permissive et accommodante, expliquent les auteurs. Ce n’est pas par hasard si l’expression «accommodement raisonnable» a été inventée au Québec.


Corporatisme

Pierre Duhamel (à gauche), Jean-Marc Léger (au centre) et Jacques Nantel (à droite) ont mis trois ans pour décoder l’ADN des Québécois.
Photo courtoisie

Les Québécois ont dû apprendre à travailler en groupe et miser sur le corporatisme. «Le commerce de détail au Québec, ce sont des gens qui se sont mis ensemble parce qu’aucun n’avait le capital pour se partir tout seul, explique Jacques Nantel. Tout le Québec est tissé comme ça.» Cette façon de faire donne le Mouvement Desjardins ou le Fonds de solidarité de la FTQ.


Qu’est-ce qui est le plus important pour vous ?

Obtenir un consensus à tout prix

  • Québécois francophones: 51%
  • Anglophones du ROC: 37%

Que le meilleur gagne

  • Québécois francophones: 49%
  • Anglophones du ROC: 63%

3. Détaché

«Je ne suis pas certain si je suis encore indécis»

– Réponse d’un Québécois à un sondage politique Léger

Nous sommes de grands parleurs, mais de petits faiseurs. Le Québec a voté une seule fois «oui» à un référendum, en 1919... afin que la bière et le vin léger soient permis dans un contexte de prohibition.

«Au Québec, les gens ne veulent pas prendre position», dit M. Léger. Dans les 75 dernières années, le Québec a répondu par la négative aux quatre référendums qui lui ont été soumis. Il a refusé la conscription en 1942, la souveraineté-association en 1980, l’entente de Charlottetown en 1992 et la souveraineté-partenariat en 1995.

Le Québec répond un «non» qui lui laisse toujours une porte ouverte. Par exemple, au référendum de 1995, 49,42 % des votants avaient répondu «oui» et 50,58 % «non».

«Le lendemain, nous avions sondé les Québécois et 75 % des gens étaient contents. On se disait qu’on a fait peur au Canada, sans en sortir, illustre M. Léger. C’est très québécois comme réaction.»

On n’a aussi qu’à penser à la Constitution canadienne que le Québec n’a toujours pas signée. Un politicien qui évoque même la seule possibilité d’aborder la question s’aventure sur une pente extrêmement glissante, tant personne ne veut plus en entendre parler.

Les Québécois sont le peuple de l’extrême centre, selon les auteurs. Ils ne veulent pas prendre position et cela se traduit par un certain détachement.

«Ils se détachent des enjeux et espèrent que la décision se prenne d’elle-même, sans froisser personne et sans débat», écrivent les auteurs.

Petits faiseurs

Ce détachement se traduit même dans notre langage, souligne Pierre Duhamel. Par exemple, on ne dit pas qu’une fille est belle, mais qu’elle n’est pas laide.

«Notre peur de s’engager fait de nous de grands parleurs, petits faiseurs», estiment les auteurs. «On est ceux qui ont le plus d’intention, mais qui en font le moins», explique M. Léger.

«Les bottines ne suivent pas les babines», ajoute M. Duhamel.

Pierre Duhamel (à gauche), Jean-Marc Léger (au centre) et Jacques Nantel (à droite) ont mis trois ans pour décoder l’ADN des Québécois.
Photo Pierre-Paul Poulin

Les Québécois sont plus préoccupés par les changements climatiques et la pollution de l’air que la moyenne des autres Canadiens. Mais ils sont ceux qui passent le moins à l’action quand vient le temps de réduire sa consommation d’énergie, préserver l’eau potable ou encore de composter.

Le Québec est aussi le paradis du moteur, malgré les grands discours antipétroliers. En 2009, l’équivalent de 92,5 % des Québécois avaient un véhicule immatriculé, alors que la proportion n’était que de 79,7 % en Ontario et de 86,2 % pour l’ensemble du Canada.

4. Victime

«Nos écrans font défiler à longueur de journée ces facéties d’imbéciles heureux»

– Jean-Jacques Stréliski, professeur associé à HEC Montréal

Qui ne se souvient pas de Ti-Guy Lebœuf, le hockeyeur interprété par Claude Meunier dans la campagne publicitaire pour Pepsi dans les années 80?

La publicité québécoise foisonne de personnages masculins tous aussi simplets les uns que les autres. De véritables perdants. C’est ce que les auteurs ont appelé le phénomène de «l’homme con».

«Même pour annoncer du fromage, il faut qu’on ait un imbécile», déplore M. Duhamel en faisant référence à la campagne mettant en vedette un certain Benoit qui croit tout savoir, mais confond tous les noms d’oiseaux, de vin ou d’étoile, etc.

«Au Québec, on est habitué de voir ça, mais ce type de publicité ne marche pas aux États-Unis, où ils montrent plutôt des gagnants», souligne Jean-Marc Léger.

Mais l’homme con fait vibrer une corde chez nous. En 1985, grâce à la campagne du hockeyeur de Claude Meunier, la province est devenue le seul marché dans le monde où Pepsi dominait Coke.

La faute aux autres

Selon l’historien Éric Bédard, les Québécois sont souvent des victimes parce que nous n’avons jamais été responsables de notre destin... du régime français en passant par la domination anglaise jusqu’à la mainmise du clergé.

«Le résultat est qu’on laisse les autres décider, mais on est bon pour chialer, explique M. Léger. Si un jeune ne réussit pas, on dit que c’est la faute de l’enseignant. Si ça va mal au Canada, c’est la faute des Anglais et du fédéralisme.»

L'HOMME CON DANS LA PUBLICITÉ QUÉBÉCOISE

Patrice Lemieux, Montréal Auto-Prix
Photo capture d'écran
Patrice Lemieux, Montréal Auto-Prix

 

Benoit, Fromages d’ici
Photo capture d'écran
Benoit, Fromages d’ici

 

Ti-Guy Leboeuf, Pepsi
Photo capture d'écran
Ti-Guy Leboeuf, Pepsi

5. Villageois

«L’esprit de clocher est bien vivant au Québec»

– Le Code Québec

Les Québécois ont choisi de vivre dans de plus petites municipalités. «Ce n’est pas pour rien qu’on a créé deux fois plus de villages qu’en Ontario. On se replie sur nous dans un petit groupe homogène», souligne Jean-Marc Léger.

Selon Jean-François Dumas, président d’Influence Communication, les Québécois sont tellement repliés sur eux-mêmes qu’ils s’intéressent peu à ce qui se passe ailleurs. «Dans l’ordre, ils sont préoccupés par les nouvelles locales, les sports (essentiellement le Canadien) et les faits divers. Ils manifestent moins d’appétit pour les nouvelles internationales, nationales et économiques», explique-t-il.

Mais le Québec est loin d’être homogène, il est plutôt composé de plusieurs régions où le sentiment d’appartenance est profond. «On a essayé de décortiquer les attitudes et comportements par région», explique M. Léger. Ils ont ainsi identifié sept régions aux comportements, opinions et attitudes différents que nous présentons sur la carte.


NOS SEPT RÉGIONS

1. Les Premières Nations

On compte 10 nations amérindiennes en plus de la nation inuite qui sont réparties à travers 55 communautés autochtones sur le territoire québécois.

Leur langue, leur culture et leur histoire sont différentes. Le partage et l’hospitalité sont des valeurs importantes. L’affirmation de leur culture est importante, particulièrement pour les jeunes.

2. Les régionalistes

Ils habitent en Abitibi-Témiscamingue, au Nord-du-Québec, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, sur la Côte-Nord, dans le Bas-Saint-Laurent, en Gaspésie et en Mauricie.

Le travail et la famille sont importants pour eux. Ils ont peur de perdre leur emploi et sont stressés par l’argent. Ils aiment la nature. Ce sont des nationalistes fiers de leurs racines et de leur région.

3. Les républicains

Ils vivent dans la région de la Capitale-Nationale.

Ils sont fiers, conservateurs et rebelles et aiment donner leur opinion. Ils vivent moins l’instant présent. Ils sont préoccupés par leurs finances et leur retraite. Ils vivent davantage en couple et recherchent la stabilité. Ils s’impliquent plus dans leur vie communautaire.

4. Les frontaliers

Ils vivent près des frontières américaines et ontariennes, soit en Outaouais, en Chaudière-Appalaches, en Estrie et au Centre-du-Québec.

Ils sont entrepreneurs, très compétitifs, et pour eux faire de l’argent est important. Ils sont impliqués aussi dans leur communauté.

5. Les navetteurs du 450

Ils habitent la couronne autour de Montréal.

Ils vivent le moment présent et veulent se rapprocher de la nature. Ils voyagent beaucoup et ont de jeunes familles. Ils estiment qu’ils payent trop de taxes et que le gouvernement est inefficace. Leurs finances les stressent et ils sont moins optimistes.

6. Les insulaires fédéralistes de l’Ouest

Ils habitent l’ouest et le nord de l’île de Montréal et l’ouest de l’île de Laval.

Ce sont des Canadiens anglophones ou allophones. Ils sont plus compétitifs, plus travaillants, plus ouverts sur le monde, et l’argent et la réussite les préoccupent davantage.

7. Les insulaires sociaux-démocrates de l’Est

Ils vivent dans l’est de Montréal et l’est de Laval.

Ce sont des francophones de gauche. Leurs convictions sont plus importantes que l’argent et ils croient davantage à l’intervention des gouvernements. Ils sont en couple, vivent l’instant présent, sont moins stressés, économisent peu, ne respectent pas les traditions et sont les plus optimistes.

6. Créatif

«Nous n’aimons pas la chicane, mais nous avons une bonne écoute et savons tenir compte des différentes idées»

– Daniel Lamarre, le président du Cirque du Soleil

Xavier Dolan, Céline Dion, le Cirque du Soleil sont de grands ambassadeurs de la créativité québécoise. Mais le génie québécois ne s’exprime pas que dans le domaine culturel. Les Québécois sont des «patenteux» à qui l’on doit l’invention de la Radio AM, le soutien-gorge WonderBra, la trithérapie contre le VIH ou la motoneige pour ne nommer que ceux-là.

«On est davantage créatif par nécessité», explique Jacques Nantel.

«Je pense que notre isolement comme Québécois francophones sur un continent anglophone nous a obligés à innover dans plusieurs domaines», souligne Daniel Lamarre, le président du Cirque du Soleil, cité dans Le Code Québec.

Nos influences culturelles nourrissent notre créativité et font ressortir le meilleur des caractéristiques québécoises. «C’est comme si la magie prenait», dit M. Léger.

Nous avons la créativité française et l’efficacité nord-américaine. Notre recherche du consensus et notre ouverture nous permettent de créer des environnements de travail qui favorisent la créativité, croit Éric Fournier, qui est partenaire et producteur exécutif chez Moment Factory, l’entreprise québécoise à qui l’on doit l’illumination de la Sagrada Familia, à Barcelone, ou l’éclairage du spectacle de Madonna au Super Bowl en 2012.

Jacques Nantel ajoute que le Québec, historiquement, avait peu de moyens financiers. «Quand tu n’as pas les moyens, tu dois penser outside the box, tu dois être créatif», dit-il.

«La contrainte au Québec du capital et le talent font qu’on doit obtenir le maximum de résultats avec de petites équipes. Notre société est capable de faire beaucoup avec peu», ajoute Pierre Duhamel.


LE GÉNIE DE JEAN COUTU

Pierre Duhamel (à gauche), Jean-Marc Léger (au centre) et Jacques Nantel (à droite) ont mis trois ans pour décoder l’ADN des Québécois.
Photo courtoisie

En offrant des rabais sur les produits pharmaceutiques et des heures d’ouverture prolongées, M. Coutu a fusionné la pharmacie traditionnelle et le magasin général, écrivent les auteurs.

LES 15 PLUS GRANDES INVENTIONS QUÉBÉCOISES

1866

  • La radio AM
  • Reginald Aubrey Fessenden

1878

  • Le combiné téléphonique
  • Cyrille Duquette

1884

  • Le beurre d’arachide
  • Marcellus Gilmore Edson

1925

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  • La souffleuse à neige
  • Arthur Sicard

1937

Pierre Duhamel (à gauche), Jean-Marc Léger (au centre) et Jacques Nantel (à droite) ont mis trois ans pour décoder l’ADN des Québécois.
Photo courtoisie
  • La motoneige
  • Joseph-Armand Bombardier

1951

  • La livraison à domicile gratuite de poulet
  • Hélène et René Léger

1953

  • Le biberon sans air
  • Jean Saint-Germain

1954

  • Le bas-culotte
  • Bertrand Dandonneau

1961

  • Le soutien-gorge WonderBra
  • Louise Poirier

1988

  • La trithérapie, traitement contre le VIH
  • Bernard Belleau

1989

  • La compression de la voix ACELP (utilisée dans les téléphones portables)
  • Roch Lefebvre

1990

Pierre Duhamel (à gauche), Jean-Marc Léger (au centre) et Jacques Nantel (à droite) ont mis trois ans pour décoder l’ADN des Québécois.
Photo AFP
  • Le casse-tête 3D
  • Paul Gallant

1994

  • Le moteur-roue
  • Pierre Couture

2001

Pierre Duhamel (à gauche), Jean-Marc Léger (au centre) et Jacques Nantel (à droite) ont mis trois ans pour décoder l’ADN des Québécois.
Photo AFP
  • Les sandales sans odeur Crocs
  • Marie-Claude de Billy et Andrew Reddyhoff

2001

  • Le vaccin porcin
  • John Fairbrother et Éric Nadeau

7. Fier

«Il est bien fini, le temps où l’on disait des Québécois francophones qu’ils étaient nés pour un petit pain»

– Le Code Québec

Une des grandes découvertes de ce livre est que l’argent n’est plus un péché pour les Québécois, plus particulièrement pour les jeunes.

«Notre vieux fond catholique nous disait que lorsqu’on fait de l’argent, c’est qu’on avait fait quelque chose de pas correct, alors que le Canadien anglais, quand il a fait de l’argent, son vieux fond protestant lui dit que c’est un succès», illustre M. Léger.

Le Québec change et elle est bien loin l’époque où les Québécois étaient des porteurs d’eau. Aujourd’hui, les jeunes sont plus ambitieux et entrepreneurs.

Un sondage cité dans le livre révèle que 79 % des résidents du Québec estiment que l’entrepreneuriat est un bon choix de carrière, comparativement à 51 % des Canadiens des autres provinces, ce qui place le Québec au cinquième rang mondial derrière Taïwan, la Norvège, Singapour et la Suède, peut-on lire dans le livre.

«La nouvelle génération est passée de l’enfant roi au consommateur roi, et devient de plus en plus le travailleur roi. Ce dernier est plus indépendant, plus créatif, plus libre et plus déterminé à réussir», ajoutent les auteurs.

L’identité des Québécois évolue avec le temps, mais nous demeurons fiers de notre joie de vivre, de nos racines et de notre créativité, bref de notre différence.


DE QUOI ÊTES-VOUS LE PLUS FIERS ?

Pierre Duhamel (à gauche), Jean-Marc Léger (au centre) et Jacques Nantel (à droite) ont mis trois ans pour décoder l’ADN des Québécois.
Photo Chantal Poirier
  • L’hydro-électricité
  • La gratuité du système de santé
  • L’accueil des immigrants
  • L’égalité entre hommes et femmes
  • Le respect des différences
  • Les programmes sociaux
  • Le système de garderies
  • La protection de l’environnement
  • L’industrie informatique
  • La redistribution de la richesse