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Le programme de vaccination contre la grippe remis en question

Dr Horacio Arruda, Directeur national de la Santé publique
Photo d'archives Dr Horacio Arruda, Directeur national de la Santé publique

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L’efficacité très variable du vaccin contre la grippe au cours des dernières années soulève des questions sur la pertinence du programme de vaccination au Québec, si bien qu’un comité scientifique fera le point.

«On a la tâche de regarder où on s’en va avec le programme de vaccination contre la grippe», résume Gaston De Serres, membre du groupe scientifique en immunisation, à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

«La question est: est-ce qu’au niveau de l’ensemble de la population, ça vaut la peine de vacciner du monde en bonne santé?» demande-t-il.

Doutes sur le vaccin

Voilà plusieurs années que l’efficacité du vaccin contre l’influenza est très variable chaque hiver. En 2014-2015, le taux d’immunisation a même été de 0 %.

«L’efficacité tourne entre 40 et 60 %, alors on se retrouve avec un verre soit à moitié vide, soit à moitié plein, dit M. De Serres. Dans ce contexte, qui en bénéficie le plus? Doit-on continuer à élargir la vaccination?»

Le Dr Horacio Arruda, directeur national de la Santé publique, a fait part de cette remise en question la semaine dernière, dans un éditorial.

«À la lumière des données scientifiques les plus récentes, le Ministère a récemment demandé à l’INSPQ un avis scientifique sur la pertinence de modifier le programme de vaccination antigrippale», a-t-il écrit.

Il n’a pas voulu accorder d’entrevue au Journal à ce sujet.

Le Comité sur l’immunisation du Québec doit déposer ses conclusions à l’été 2017.

Effets négatifs ?

Dans la lettre du Dr Arruda, on peut lire que certaines études ont montré que la vaccination répétée chez les gens en bonne santé pourrait même avoir eu des effets négatifs.

«Des fois ça augmente la protection, des fois ça la diminue, et des fois ça ne change rien, dit M. De Serres. Si on voyait toujours la même chose, ce serait simple. Mais ce n’est pas le cas.»

Toutefois, ce dernier confirme que les personnes à risque (aînés, malades chroniques) bénéficient du vaccin pour éviter les complications.

Le programme de vaccination gratuite (aînés, malades chroniques) débute comme prévu le 1er novembre prochain. Le MSSS s’est procuré près de deux millions de doses de vaccin, au coût de 13 millions $.