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Reporter sans frontières dénonce la perquisition au «Journal de Montréal»

juge Suzanne Vadboncoeur
Photo Chantal Poirier Le journaliste Michael Nguyen

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Reporter sans frontières a vivement dénoncé la perquisition menée au Journal de Montréal la semaine dernière pour saisir l’ordinateur d’un journaliste qui avait écrit sur un incident impliquant la juge Suzanne Vadboncoeur, de la Cour du Québec.

«La saisie de l’ordinateur de Michaël Nguyen compromet l’indépendance des journalistes et la protection de leurs sources. Il semblerait que le Conseil de la magistrature cherche à intimider le journaliste pour l’empêcher de publier des articles critiques ou peu flatteurs à l’encontre de fonctionnaires», a déclaré dans un communiqué Delphine Halgand, directrice du bureau de RSF aux États-Unis.

Le texte de Michaël Nguyen avait révélé que la juge Vadboncoeur était visée par une plainte au Conseil de la magistrature, après avoir apparemment insulté des constables spéciaux et s’être montrée agressive envers eux en décembre 2015, au palais de justice de Montréal.

Deux jours après la perquisition qui s’est traduite par la saisie du matériel journalistique, la magistrate a présenté ses excuses pour avoir injurié des constables spéciaux.

«Il est exact que j’ai perdu patience. Si j’ai prononcé des paroles qui ont blessé des gens, je m’en excuse profondément et je regrette sincèrement», a témoigné la juge Vadboncoeur devant le comité d’enquête du Conseil de la magistrature.

RSF demande aux autorités canadiennes de remettre l’ordinateur à son propriétaire et de renoncer à l’analyse de son contenu, le tout, «dans les plus brefs délais».

Cette perquisition avait résonné jusque dans les murs de l’Assemblée nationale du Québec, où les députés ont voté, le lendemain de la frappe policière, une motion pour la protection des sources journalistiques.

Au Canada, le cas du journaliste Michaël Nguyen s’ajoute à celui de Ben Makuch, de Vice News, qui est toujours en litige après que la Cour supérieure de l’Ontario eut ordonné qu’il remette une partie de sa correspondance avec une source à la Gendarmerie royale du Canada. Cette décision est actuellement contestée en appel. RSF conclut que ces deux situations révèlent des «entraves inquiétantes à la liberté de la presse au Canada».