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Un forum truqué

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Le mouvement Faut qu’on se parle (FQSP), initié par Gabriel Nadeau-Dubois, suscite l’enthousiasme.

Normal: on nous le présente comme un grand forum démocratique où chacun pourra s’exprimer. Dans une société où le pouvoir s’éloigne exagérément du commun des mortels, la prise de parole permet de rappeler qu’on existe.

C’est probablement ce qui inspire l’enthousiasme d’Yvon Deschamps, un des mécènes de cette aventure.

Biaisé

Il rêve encore d’indépendance et d’un Québec français, avec une loi 101 qui ne serait pas mutilée par la Cour suprême.

Il refuse de voir le Québec transformé en terrain vague au service d’Énergie Est. Comment le contredire?

Mais comme d’habitude, le diable est dans les détails. Il suffit de lire les questions orientant la démarche de Faut qu’on se parle pour comprendre qu’on entend moins fonder un forum démocratique qu’un mouvement politique très à gauche.

À bon droit, on peut s’attendre à une consultation bidon. L’exercice est biaisé. Toutes les contributions n’y seront pas également entendues.

Le constater, ce n’est pas du cynisme, mais de la lucidité.

Surtout, FQSP a un ennemi précis. Il s’agit de faire le procès de ceux qui sont attachés à ce qu’on appelle la question identitaire.

Nous sommes devant un nouvel épisode d’une guerre civile que traverse le mouvement souverainiste.

Ceux qui ont soutenu la Charte des valeurs s’y feront accueillir avec mépris. On les traitera comme des malpropres.

Aussant

On se demande ce que Jean-Martin Aussant est appelé à faire dans cette galère, lui qui représente l’espoir de beaucoup de souverainistes. Veut-il vraiment s’enfermer dans un tel créneau?

À moins qu’il ne s’en serve pour envoyer le signal qu’il est disponible pour un prochain retour en politique?

Chose certaine, il emprunte un étrange véhicule. Mais tant qu’à y être, espérons qu’il l’empêche de prendre une trop mauvaise direction.

À moins qu’il n’y soit à l’aise? Ce serait dommage.