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La fermeture d’un pipeline traversant le parc national d’Oka réclamée

Le parc national d’Oka
Photo d'Archives, Courtoisie Sepaq Le parc national d’Oka

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Invoquant des incidents répétés et plusieurs cas de non-conformité aux conditions imposées par l’Office national de l’énergie, Nature Québec a demandé mercredi la fermeture immédiate du pipeline Trans-Nord inc (PTNI) qui traverse le parc national d’Oka, entre autres.

«PTNI a eu six ans pour se conformer à de nombreuses ordonnances de sécurité rendues par l’Office, mais elle a négligé de s’y conformer entièrement», a dénoncé mercredi Christian Simard, directeur général de Nature Québec, par communiqué.

L’Office national de l’énergie ne nie pas ces incidents. Ils ont d’ailleurs été soulignés lors de la délivrance d’une nouvelle ordonnance de sécurité émise le 27 septembre dernier, mais l’organisme fédéral a néanmoins jugé qu’en dépit de ces digressions, «l’exploitation du pipeline peut continuer de façon sécuritaire avec les restrictions actuelles de pression».

Toutefois, M. Simard estime que maintenir ce pipeline, alors que PTNI ne s’est pas conformée dans le passé à de nombreuses conditions, «constitue ni plus ni moins qu’une récompense pour le mauvais comportement de l’entreprise».

Si l’Office maintient l’exploitation du pipeline de 850 kilomètres en Ontario et au Québec, sa décision n’a pas été unanime. Deux commissaires ont exprimé une dissidence sentie dans la décision publiée sur le site de l’Office de l’énergie.

Nous doutons qu’une autre ordonnance de sécurité semblable nous garantisse qu’à ce moment-ci les changements nécessaires pour rendre le pipeline aussi sécuritaire que possible seront apportés», ont écrit ces deux commissaires, dans une annexe qui figure à la suite de l’ordonnance de sécurité délivrée par l’Office.

Des incidents répétés

Depuis 2009, le réseau de PTNI a été associé à «plusieurs incidents de déversement et de surpression». Les problèmes de surpression surviennent lorsque la pression d’exploitation d’un pipeline est plus importante que la pression maximale autorisée par l’Office national de l’énergie, et ce, même pour un très court laps de temps. PTNI a été sommée plusieurs fois de corriger la situation dans ses canalisations.

«PTNI a apporté des améliorations au fonctionnement de son réseau pipelinier. Néanmoins, des surpressions ont continué à se produire», a reconnu l’Office. Nature Québec rebondit sur ces arguments et demande à ce que la décision de maintenir les activités du pipeline soit revue.

«L’Office prétend toujours appliquer les plus hauts standards de sécurité» et le respect intégral de sa réglementation à tous les niveaux, de l’examen des projets à leur exploitation; nous lui demandons donc de suspendre immédiatement le permis d’exploitation du pipeline PTNI» a insisté Christian Simard.

Le Pipeline Trans-Nord relie Oakville, en Ontario à Montréal. Il traverse la partie sud du parc national d’Oka et des ramifications l’amènent jusqu’à l’aéroport international Pierre-Elliot Trudeau. Selon l’entreprise, l’équivalent de 172 900 barils de produits pétroliers raffinés transite quotidiennement dans son pipeline.