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Rembourser le solde de la marge de crédit au plus vite, quitte à réduire certaines dépenses

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Comme bien des Québécois, Caroline (cas réel) vit de paie en paie, et n’a pas de coussin de sécurité, observe Éric Lebel, associé-syndic et conseiller en redressement financier au cabinet Raymond Chabot.

«Elle arrive kif-kif, de sorte que s’il y a des imprévus, elle se retrouve dans une situation difficile. Elle a une dette sur sa marge de crédit, d’un peu plus de 3000 $, qu’elle a de la difficulté à rembourser.»

Son choix de voyager aux deux ans en Europe, qui est tout à fait légitime, dit le conseiller, pèse lourd dans son budget mensuel: 330 $ par mois, soit près de 4000 $ par année. Idem pour sa voiture, qui lui coûte 600 $ par mois, incluant l’entretien, l’assurance et le stationnement.

D’un autre côté, Caroline a un comportement exemplaire quant à l’épargne: elle réussit à mettre systématiquement de côté 570 $ par mois dans son REÉR et dans les REÉE des enfants. Son épargne-retraite est prélevée directement sur sa paie, ce qui est l’idéal, dit Éric Lebel. On ne voit pas l’argent, on n’y touche pas.

Quoi faire ?

Dans un premier temps, la priorité de Caroline devrait être de rembourser le solde de sa marge de crédit. Son prochain remboursement d’impôt (environ 2000 $) pourrait servir à cette fin. Cette marge de crédit, dit le conseiller, devrait uniquement servir aux achats que l’on est en mesure de rembourser tout de suite.

Mais où couper d’autres? En regardant bien le budget de Caroline, Éric Lebel a remarqué que son train de vie est plus que raisonnable.

Les normes budgétaires évaluent les besoins mensuels d’une famille de quatre personnes au Québec à 3200 $, excluant l’auto, l’épargne et les voyages. Or, si on exclut ces trois postes de dépenses du budget de Caroline, elle ne dépense que 2474 $ par mois. «Elle n’exagère pas, cette dame!»

Il faut donc couper ailleurs. Dans la voiture, par exemple. Caroline n’a pas de liquidités pour faire face aux imprévus, fréquents avec une voiture qui vieillit. Éric Lebel lui suggère de vendre le véhicule, qui est presque entièrement payé.

Puis de s’abonner à un service comme Communauto ou, encore plus pratique, car elle a deux petits, de louer une très petite voiture, la plus économique possible (250 $ par mois), de façon à minimiser les mensualités et ne plus avoir à faire face à des frais imprévus.

Devenir propriétaire ou pas ?

Actuellement locataire, l’objectif de Caroline est de s’acheter une propriété dans deux ans. Pourra-t-elle? «Oui, si elle se passe de voiture, si elle cesse ou diminue ses cotisations à son REÉR, et si elle réduit le rythme de ses voyages en France», dit Éric Lebel.

Privilégier l’achat d’une maison au lieu de la retraite est un choix personnel qui se défend. «Tout dépend de ses priorités et de son niveau de confort à l’idée d’arriver à la retraite avec moins de liquidités, mais une propriété payée.»

La situation de Caroline

Revenu mensuel total : 4420 $

  • Salaire (4450 $, moins la cotisation REÉR de 450 $ retenue sur la paie)
  • Pension alimentaire (200 $)
  • Allocations familiales (220 $)

Dépenses mensuelles: 4006 $

  • Logement et frais connexes (1255 $)
  • Dépenses personnelles (985 $)
  • Dépenses médicales non remboursables (90 $)
  • Frais de subsistance (650 $)
  • Frais de transport (632 $)
  • Assurances (274 $)
  • REÉE (120 $)

Actifs: 82 400 $

  • Véhicule (7000 $)
  • REÉR (75 000 $)
  • Compte bancaire (400 $)

Dettes : 3124,96 $

  • Marge de crédit (3000 $)
  • Solde d’impôt dû (124,96 $)