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La victoire de Cendrillon

La victoire de Cendrillon
Photo Annie T. Roussel

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Les militants péquistes ont tranché. À la jeunesse, ils ont préféré les cheveux gris et l’expérience. Et pourquoi pas?

Chez nos voisins du Sud, les jeunes tripent sur Bernie Sanders, un « cowboy fringant » de 76 ans qui ferait passer Donald Trump et Hillary Clinton pour des rappers.

Qui a dit que ça prend un jeune pour séduire les jeunes?

BRASSER LA CAGE

Malgré ses sorties intempestives, malgré son côté « Jack in the Box », malgré sa « machine à idées » qui part parfois dans tous les sens et qui met le feu aux rideaux du salon, malgré sa tendance à aborder des sujets un peu trop polarisants pour les bien-pensants du parti, les péquistes ont voté Lisée.

Comme s’ils s’étaient dit: « Vaut mieux un homme qui brasse la cage quitte à mettre les pieds dans les plats et créer un malaise lors des soupers de famille qu’un gentil garçon qui ne dit jamais un mot plus haut que l’autre et qui s’excuse lorsqu’il va aux toilettes. »

Qui a dit que la Charte des valeurs de Bernard Drainville était morte de sa belle mort et que le fameux discours de Jacques Parizeau sur « le vote ethnique » faisait encore peur aux péquistes?

Au lieu de laisser le dossier identitaire à la CAQ, comme le PQ l’a fait aux mains de l’ADQ en 2007 (gracieuseté du « citoyen du monde » André Boisclair), les militants du PQ ont décidé de se lancer tête première dans le nid de guêpes, le panier de crabes et le nœud de vipères.

Advienne que pourra.

Ça prend un certain courage, sinon un courage certain.

Et v’lan dans les dents d’Adil Charkaoui!

QUEL ÉPOUVANTAIL AGITER ?

Hâte de lire le poème que Philippe Couillard va écrire pour l’occasion.

Car s’il y en a un qui doit avoir la mine basse, c’est bien le premier ministre.

Maintenant que le PQ a dit haut et fort qu’il n’organisera pas de référendum dans le premier mandat, quel épouvantail monsieur Couillard va-t-il agiter pour convaincre les gens de ne pas voter PQ?

Surtout que l’André Agassi de la rhétorique risque de faire passer un mauvais quart d’heure au PM.

Avec la saga Laurent Lessard, le dossier Uber qui s’envenime, la cimenterie Port-Daniel et les transfuges de la CAQ, monsieur Couillard est déjà dans les câbles. Avec Jean-François Lisée en face de lui, il risque d’embrasser le matelas à quelques reprises.

La prochaine session va être passionnante. Combien ça coûte, s’abonner au canal parlementaire, déjà?

Oubliez le combat Lemieux-Rios au Centre Bell le 22 octobre prochain. Le gala Lisée-Couillard risque d’être beaucoup plus spectaculaire.

UNIFIER LE PARTI

Question quiz du jour, maintenant : qu’arrivera-t-il à Martine Ouellet, qui s’est mis l’establishment du parti à dos ? Et Alexandre Cloutier retournera-t-il au droit?

Pas facile de ressouder un parti qui a passé son temps à se déchirer lors de DEUX courses au leadership.

C’est le premier défi de Lisée : unifier un parti, panser les plaies et rebâtir des ponts.

Le vilain petit canard est devenu un cygne.

Pas sûr que le paon libéral fasse la roue au cours des prochains jours...