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Le défi herculéen de M. Lisée

On peut trouver toutes sortes de défauts au PQ, mais il est rassurant de voir que les idées y comptent encore.

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Les résultats de vendredi soir sont une amplification de ce que les sondages, les propos des militants et les bruits de corridors des derniers jours laissaient entrevoir.

L’irrésistible momentum de M. Lisée l’a finalement conduit vers une victoire relativement confortable.

Plus les jours passaient, plus les doutes s’installaient sur M. Cloutier et plus son avance fondait.

Logique

Au fond, ce n’est que justice que la victoire soit allée à celui qui a mené la meilleure campagne et qui est indiscutablement le mieux préparé pour ses nouvelles fonctions.

M. Cloutier aurait pu l’emporter, mais il a mené une campagne fade et sans assaisonnements.

A-t-il été mal conseillé? Manque-t-il d’instinct?

Je ne sais pas. Toujours est-il que sa campagne reposait sur une très mauvaise lecture des attentes des militants péquistes et de ce dont ils voulaient entendre parler.

On peut trouver toutes sortes de défauts au PQ, mais il est rassurant de voir que les idées y comptent encore.

Mme Ouellet, pour sa part, aurait tort de mettre sa déconvenue uniquement sur le compte de la polarisation autour de MM. Lisée et Cloutier.

Elle paie pour ses positions coupées du bon sens, mais surtout pour sa campagne capricieuse et colérique, remplie de plaintes et de récriminations.

Ce sera beaucoup demander à ses collègues de complètement passer l’éponge.

M. St-Pierre Plamondon, lui, a tout simplement fait les frais de son manque de racines dans le mouvement souverainiste.

Quelles doivent être les priorités du nouveau chef?

Il faudra immédiatement offrir une opposition beaucoup plus mordante au gouvernement Couillard.

Ces derniers mois, la CAQ a été au moins aussi efficace que le PQ pour talonner le gouvernement.

La mise au rancart du référendum donne le ton de ce que sera le nouveau discours péquiste: sa priorité absolue sera de chasser du pouvoir le PLQ.

Pourquoi?

Parce que c’est le gouvernement le plus inconditionnellement «canadian» de l’histoire du Québec moderne et parce qu’il dégage les odeurs les plus pestilentielles depuis, depuis... mon Dieu, depuis qui?

Le terrain de chasse du nouveau chef péquiste devra être la région dite du 450, où se trouve le plus gros bassin de sièges pouvant tomber dans le panier du PQ ou dans celui de la CAQ.

Divisions

Il faudra aussi arrêter de fantasmer sur une convergence des partis d’opposition.

On pourra acheter les plus gros cierges offerts sur le marché liturgique et prier très fort, mais rien ne surviendra sur ce front à court terme.

Québec solidaire fabriquera au fur et à mesure des objections parce qu’il ne veut pas participer à un pouvoir qui le forcerait à quitter son monde enchanté.

Quant à M. Legault, qui porte la CAQ à bout de bras, pourquoi se rapprocherait-il du PQ après l’avoir quitté, alors qu’il n’est pas impensable qu’il puisse coiffer celui-ci?

S’il doit y avoir convergence, elle surviendra par attrition, quand l’électorat aura sévèrement sanctionné l’un ou l’autre des partis d’opposition.

Les défis du nouveau chef péquiste seront colossaux.