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Lisée: victoire de l’identité

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En politique, tous les revirements sont possibles.

Il y a quelques mois, la chefferie du PQ était promise à Alexandre Cloutier. On en appelait à son couronnement.

La course serait une formalité. Jean-François Lisée, quant à lui, était présenté comme un candidat marginal.

Surprise

Alors, que s’est-il passé pour qu’il remporte la chefferie de son parti?

C’est simple: Lisée a mené la guerre au politiquement correct.

Les médias disaient: ne touche pas à la charte des valeurs. Il s’en est emparé à sa manière.

Ils ajoutaient: ne touche pas à l’immigration. Il a proposé de baisser les seuils.

Ils concluaient: ne parle pas du voile intégral. Il a proposé de débattre de l’interdiction de la burqa.

C’est la revanche de Bernard Drainville. Depuis deux ans, on a tout fait pour salir sa réputation. On l’a présenté comme un démagogue, un sale type sur qui chacun devait s’essuyer les pieds. C’est pourtant en suivant ses traces que Lisée a conquis son parti.

On pourrait en tirer une leçon: plus les médias gueulaient contre Lisée, plus les électeurs se tournaient vers lui.

La transgression est payante.

Si Lisée s’était contenté de mener une campagne doucereuse, bon chic bon genre, un peu à gauche mais pas trop loin du centre, capable de plaire au Globe and Mail et lui valant les compliments des élites mondaines, il se serait planté.

Transgression

La seule promesse de reporter le référendum ne pouvait le conduire à la victoire. Battre le gouvernement libéral ne suffisait pas. Il devait répondre aux angoisses légitimes de la majorité historique francophone.

Maintenant, il lui faut unir son parti. Tendre la main à ceux qui ne pensent pas comme lui. Leur dire qu’ils sont chez eux au PQ. C’était le sens de son discours de victoire.

Mais il doit aussi garder le cap. Poursuivre sur sa lancée. Y parviendra-t-il?