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Nouvelle donne

POL-DEBAT-PQ
Photo Agence QMI, Martin Alarie

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Voilà, c’est fait, c’est arrivé. Faisant mentir tous les pronostics, Jean-François Lisée est parvenu à se hisser jusqu’à la fonction politique la plus difficile au Québec, celle de chef du Parti québécois.

Et pas par une mince marge.

Sur le mur de la permanence nationale du PQ où on affiche une photo de tous les anciens dirigeants, le scribe va rejoindre Jacques Parizeau et Lucien Bouchard, qu’il a conseillés, ainsi que Pauline Marois, qui l’avait nommé ministre.

Cela force l’admiration, que de voir la tortue, déterminée et parfois acrimonieuse, dépasser le lièvre. C’est toujours un événement notable en politique quand le scénario écrit d’avance est contrecarré.

Un autre contexte

Concrètement, le principal effet de l’élection de Jean-François Lisée à la tête du Parti québécois, dans notre vie politique, c’est qu’il se trouve désormais dans le fauteuil de chef de l’opposition officielle un politique assez redoutable pour changer l’allure d’une campagne électorale.

C’est un tout autre contexte. Les libéraux et les caquistes ont déjà pris note que le député de Rosemont est un homme qu’il ne faut pas sous-estimer.

En vertu de la loi sur les élections à date fixe, nous en sommes à deux ans moins une semaine de l’échéance. Entretemps, le Parti québécois doit tenir un congrès.

C’est un échéancier serré. Et le caucus, qu’il faut réunifier, le sait.

Préparer sa rentrée

Dans l’immédiat, le nouveau chef doit profiter de la relâche parlementaire de l’Action de grâce pour remanier son équipe et préparer sa rentrée.

La nature du système fait en sorte que le chef élu dispose d’un fort pouvoir pour définir les affectations de tout un chacun. Le rusé Lisée devrait choisir ses officiers de manière à assurer la stabilité de sa direction. Certains députés ayant appuyé Alexandre Cloutier se portent déjà volontaires.

C’est également tout un message que les membres du parti adressent aux parlementaires en leur imposant leur chef. Quand l’équipe ne gagne pas, on change l’entraîneur. Quand c’est ce dernier qu’on vient de changer, même les vedettes ne sont plus protégées.

Une dose d’énergie

Rapidement, il sera intéressant de voir la couleur que Jean-François voudra donner à son leadership, les thèmes qu’il favorisera et le style qu’il pratiquera.

On le disait prétentieux, trop intellectuel et distant. Il a mené une campagne humble et terre à terre, devenant le baby-boomer québécois le plus efficace sur Facebook. Il nous réserve encore sans doute des surprises.

C’est une toute nouvelle donne que l’élection de l’imprévisible Lisée amène dans la politique québécoise. Il surprendra, probablement, se mettra le pied dans la bouche quelques fois, certainement, mais il injectera assurément une bonne dose d’énergie à une politique qui en a bien besoin.

Assez pour relancer le projet de pays? Je ne sais pas. Une chose que l’on sait, toutefois, c’est qu’avec Jean-François Lisée, le PQ s’est doté d’un chef avec qui il ne faut jurer de rien.