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Guy Nadon, le «roi du drum», n’est plus

Photo prise dans le cadre de son spectacle spécial au Festival de Jazz pour souligner son 80e anniversaire et ses 70 ans de carrière.
Chantal Poirier / Le Journal de Photo prise dans le cadre de son spectacle spécial au Festival de Jazz pour souligner son 80e anniversaire et ses 70 ans de carrière.

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Le musicien Guy Nadon ne fera plus résonner sa batterie. Celui qu’on surnommait le «roi du drum» s’est éteint à 2 h dans la nuit de samedi à dimanche, au Centre d’hébergement de la Maison-Neuve, à Montréal, où il résidait depuis environ un an. Il avait 82 ans.

L’artiste autodidacte dont la carrière s'est étendue sur 70 ans est mort d’une maladie des reins qui l’affligeait depuis de nombreuses années.

«Il a survécu plus longtemps que ce à quoi on s’attendait. Son état s’était détérioré subitement depuis plusieurs semaines. Il ne pouvait plus recevoir ses traitements de dialyse. Il n’était plus en état. Quand il n’y a plus de dialyse, ça va très vite», a confié sa gérante, Véronique Robert.

Celle-ci précise toutefois que le musicien n’a pas souffert. «Il était inconscient. Il est tombé dans un coma et est parti tout doucement», a-t-elle dit.

Un concert d’adieu

À l’été 2015, Guy Nadon avait été hospitalisé parce qu'il ne mangeait ni ne marchait plus. Depuis cinq ans, il recevait trois traitements de dialyse par semaine.

«On pensait qu’il allait partir en novembre dernier. Il a reçu la visite de plusieurs musiciens, puis il s’est mis dans la tête de refaire le Festival [de Jazz]. Ça lui a donné de l’énergie, il s’est remis à manger, c’était extraordinaire», raconte Mme Robert.

En juin, Guy Nadon a pu tirer sa révérence en offrant un dernier spectacle au Festival de Jazz de Montréal, un événement qu’il connaît bien pour s’y être produit tous les ans depuis ses débuts. Il y a d’ailleurs reçu le prestigieux prix Oscar-Peterson en 1998.

Aux côtés des grands

C’est à 11 ans que Guy Nadon, né dans l’est de Montréal en janvier 1934, a amorcé sa carrière en choisissant les percussions.

Prêt à faire de la musique sur tout ce qui lui tombait sous la main, l’homme n’a acquis sa première batterie qu’à l’âge adulte. Il idolâtrait notamment Buddy Rich et Gene Krupa, figures connues de l’industrie du jazz dans les années 1940 et 1950.

Sur scène, il a accompagné des chanteurs très connus, comme Ginette Reno, Charles Aznavour ou Alys Robi. Il a aussi fait partie du Big Band de Vic Vogel. Certains le connaissaient également comme étant le batteur des Jérolas, duo formé de Jean Lapointe et du regretté Jérôme Lemay.

À Montréal, le défunt club Mocambo lui a permis de jouir d’une belle visibilité auprès des mélomanes.

De plus, on lui doit la création de la troupe de jazz La Pollution des sons, qui comptait sept membres, au milieu des années 1970. Ce n’est toutefois qu’en 1975, à 41 ans, qu’il a concocté un premier album.
Mêlant compositions (il en a écrit une centaine durant sa vie) et reprises de classiques du jazz, un premier CD de Guy Nadon a été enregistré en 1997, lors d’une prestation à la Maison de la culture Frontenac. On peut notamment y entendre les célèbres Sweet Georgia Brown et Hey! Ba-Ba-Re-Bop.

À l’honneur

Quelques années plus tôt, en 1992, Guy Nadon s’est retrouvé sur les écrans des salles obscures grâce à Serge Giguère, qui lui a consacré un acclamé documentaire intitulé Le roi du drum.

À l’aise devant les caméras, il a participé au tournage d'Un toit, un violon, la lune, s’immisçant dans le Chez-nous des artistes pour Carole Laganière.

Entre autres honneurs qu’il a reçus, notons la bourse du Conseil des arts et des lettres du Québec qui lui a été décernée en 2007, alors qu’il fêtait ses 60 ans de carrière.

Parue en 2009 aux Éditions Québecor, son autobiographie, Guy Nadon, le roi du drum, a été rédigée avec la collaboration de Jean-Pierre Douville.


√ Les détails du service funéraire ne sont pas encore connus.