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22 millions de livres de canneberges

La ferme Atocas de l'Érable cultive à elle seule 2 % de la production mondiale

ARG-CANNEBERGES-QUEBEC
Photo Agence QMI, Yves Charlebois Pierre et Marcel Fortier de la ferme de culture de canneberges Atocas de l’Érable occupent une place de choix sur l’échiquier mondial de la production du petit fruit.

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NOTRE-DAME-DE-LOURDES | On compte au Québec 84 fermes de culture de canneberges. Parmi elles, Atocas de l’Érable occupe une place très importante.

Pierre Fortier a fondé Atocas de l'Érable en 1994. Aujourd'hui avec son frère Marcel (Canneberges de Lourdes), ses deux fils Michaël et Charles (Canneberges 4 comtés), sa fille Katie et Josée Poisson, ils sont devenus des géants dans la production. Ils livreront cette année 22 millions de livres de ce petit fruit écarlate. En termes de volume, ça représente deux pour cent de toute la production mondiale.

Pour produire autant, ils cultivent en grand. En effet, leurs champs s'étendent sur des superficies totalisant 305 hectares (un hectare, c'est 100 mètres par 100). «Cette année, la récolte s’annonce très bonne. La température et le soleil étaient au rendez-vous et on s'attend comme dans les autres petits fruits à obtenir de bons rendements», a raconté Pierre Fortier.

Un automne comme l’été

Lors de notre passage vendredi dernier, des travailleurs mexicains s'activaient avec des estacades à diriger les fruits vers un système de pompage. «Ça fait quelques années que l’automne ressemble à l’été. Certains automnes, on cassait la glace le matin pour diriger les fruits vers la pompe», a ajouté M. Fortier.

Petite précision, les canneberges poussent au sec dans un sol sablonneux. Pour la récolte, on inonde le champ et, avec une batteuse, on détache les fruits qui flottent par la suite. Une fois les fruits récoltés, ils sont transportés par camion jusqu'à l'usine de nettoyage pour terminer dans des bennes de bois qui contiennent jusqu'à 1100 livres de petites baies rouges.

Congelées et conservées

Les canneberges sont congelées et conservées à longueur d’année, selon les besoins des clients. L’usine de nettoyage a une capacité de traitement de 100 000 livres à l'heure, soit l’équivalent chaque heure d'un camion-remorque et demi.

Atocas de l'Érable possède un immense congélateur de 122 000 pieds carrés dans le parc industriel de Plessisville, situé à une vingtaine de kilomètres des champs et de l'usine de nettoyage. En plus de leurs propres fruits, une douzaine de producteurs de la région font affaire avec eux pour le nettoyage et la congélation.

Des clients américains et québécois

NOTRE-DAME-DE-LOURDES | Les principaux clients d’Atocas de l’Érable sont la Coopérative Ocean Spray et Decas Cranberry Products, toutes deux du Massachusetts, et Citadelle, la coopérative des producteurs de sirop d'érable de Plessisville qui a également une division dans les canneberges.

Citadelle a une usine de transformation à Saint-Léonard-d'Aston dans le Centre-du-Québec.

Une fois chez le client, les fruits congelés sont pressés pour en extraire le jus qui sera sucré, puis vendu sous forme de cocktail. Ensuite la pulpe du fruit restant est déshydratée et sucrée. Elle entre dans la composition d'une multitude de produits, dont des barres tendres, céréales, desserts, etc.

Les Fortier, d’Atocas de l’Érable, cultivent des canneberges de façon conventionnelle et biologique. Pour la conventionnelle, on applique un herbicide aux trois ans et les insectes ravageurs peuvent être contrôlés avec un insecticide.

Trois fois plus cher

Pour la culture biologique, le désherbage se fait manuellement et il faut beaucoup de main-d'œuvre. Les risques de perte sont grands. «Une année, nous avons perdu 21 % de notre récolte en raison des insectes», a dit M. Fortier. De plus, un champ en culture biologique a moins de fruits, soit près d'un tiers par rapport à la culture conventionnelle. L'effort de cultiver de manière biologique est récompensé par le prix. Les fruits biologiques sont payés aux producteurs près de 70 cents la livre, trois fois plus que pour les canneberges conventionnelles.

Les Fortier emploient une cinquantaine de personnes lors de la récolte qui s'étend sur trois semaines à partir du début du mois d'octobre. Également, plusieurs entreprises de camionnage sont mises à contribution.

Fracasser un record

La culture de la canneberge se fait principalement dans le Centre-du-Québec. On retrouve également des producteurs au Lac-Saint-Jean, dans Charlevoix, dans Lanaudière et en Outaouais.

Selon Monique Thomas, directrice générale de l'Association des producteurs de canneberges du Québec, les superficies cultivées sont maintenant de 3845 hectares et on s'attend cet automne à fracasser le record de 240 millions de livres.