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Des applications pour contrer l’auto solo

L’application OuiHop’ propose du covoiturage courte distance.
Photo 24 Heures, Camille Gaior L’application OuiHop’ propose du covoiturage courte distance.

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Elles prônent la «mobilité urbaine», se définissent comme du «transport en commun participatif», les applications dédiées au covoiturage de courte distance se multiplient dans un marché au grand potentiel, mais difficile à percer.

«C’est comme de l’autostop connecté de courte distance, résume Mounia Lansade, chargée de développement pour l’application OuiHop’. Ce qu’on veut c’est dynamiser les flux de voitures existantes, remplir les sièges vides.»

Lancée en France l’automne dernier, OuiHop’ est disponible depuis début septembre à Montréal. Le principe, le conducteur entre son trajet quelques minutes avant de partir, lequel est affiché aux membres, qui peuvent faire une demande de covoiturage pour une partie ou la totalité du trajet. Aucun transfert d’argent, le conducteur est remercié sous forme de points échangeables contre des cadeaux.

Mounia Lansade, chargée de développement pour l’application OuiHop’.
Photo 24 Heures, Camille Gaior
Mounia Lansade, chargée de développement pour l’application OuiHop’.

 

Solution multimodale

À la différence de OuiHop’, l’application Netlift dédommage financièrement le conducteur et propose un itinéraire optimisé comprenant diverses options, dont le transport en commun et le covoiturage.

«C’est une solution multimodale et dans la grande totalité des trajets, le covoiturage est proposé, car lorsqu’on sort des quartiers centraux, l’offre de transport se raréfie très rapidement», lance Marc-Antoine Ducas, créateur de Netlift en 2012 et qui effectue jusqu’à 20 000 jumelages par mois.

En plus de lancer sa 4e version ce mois, le conducteur peut depuis cette semaine se faire rembourser ses frais de stationnement, en prenant une simple photo de son ticket.

«Notre algorithme calcule le prix de la course pour couvrir les frais comme l’essence, le péage et bientôt le stationnement, mais il n’y a pas de notions de profit», tient-il à préciser.

Marc-Antoine Ducas, créateur de l'application Netlift.
Photo Courtoisie
Marc-Antoine Ducas, créateur de l'application Netlift.

 

Plusieurs défis

Avec près 1,3 million de déplacements en auto solo par jour, le marché du Grand Montréal a un grand potentiel. Si plusieurs entreprises ont tenté de percer ce marché, peu réussissent.

«Le démarrage est lent, reconnaît Mme Lansade. D’abord parce qu’il faut que les utilisateurs prennent l’habitude, mais aussi parce qu’il faut une masse critique pour que le service fonctionne.»

Dans son plan de développement OuiHop’ cible d’ailleurs des entreprises et des institutions afin de toucher leurs employés, parmi celles-ci, l’Université de Montréal, HEC Montréal ou encore l’hôpital Sainte-Justine.

Mais selon Marc-Antoine Ducas, la clientèle du covoiturage vient aussi avec ses propres contraintes. «Ce sont des gens avec un horaire peu flexible qui ont abandonné le transport collectif, qu’ils jugent trop peu fiable ou qui ne les dessert pas assez.» Selon lui, pour les séduire, le service doit être simple, facile et synchroniser conducteur et passager rapidement.