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Allégations de pédophilie visant les Frères du Sacré-Cœur: une dizaine de victimes potentielles d’abus sexuels

Collège Mont-Sacré-Coeur
Photo Pierre-Paul Poulin

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Au moins une dizaine de victimes potentielles se sont manifestées mercredi pour dénoncer les actes de pédophilie qu’elles auraient subi de la part des Frères du Sacré-Cœur, à Granby. Après le frère Claude Lebeau, un autre membre de la congrégation serait maintenant la cible d’allégations.

On apprenait mercredi qu’une demande en recours collectif a été déposée à la Cour supérieure afin d’obtenir un dédommagement pour «toute victime d’agression sexuelle subie» au Collège Mont-Sacré-Cœur, dirigée par les Frères du Sacré-Cœur de 1932 à 2004.

Un ancien pensionnaire de cette école secondaire de Granby, qui affirme avoir été violé plus de 300 fois de 13 à 15 ans, est derrière ce recours.

Il prétend qu’un surveillant de dortoir, frère Claude Lebeau, l’aurait obligé à faire la file devant sa chambre avec d’autres élèves pour ensuite le masturber.

Nouvelles victimes ?

Depuis mercredi, le téléphone ne dérougit pas à la firme Kugler Kandestin, qui pilote la demande en recours collectif.

«Nous avons reçu une dizaine de témoignages. J’estimais le nombre potentiel de victimes entre 60 et 100, mais je ne serais pas surpris que ça soit beaucoup plus que ça», a indiqué Me Robert Kugler en après-midi.

«On a déjà reçu un témoignage concernant un autre frère que le frère Lebeau. Ce n’est que la pointe de l’iceberg (...) On a aussi la confirmation que d’autres victimes auraient fait la file devant la chambre du frère Lebeau», a-t-il poursuivi.

«Il est vivant»

M. Lebeau a quitté les Frères du Sacré-Cœur en 1997 et sa congrégation n’aurait eu aucun contact avec lui depuis, a indiqué mercredi au Journal leur avocat Yanick Messier.

«On ne connaît pas les motifs de son départ, mais ils n’ont aucun lien avec les allégations actuelles», a affirmé Me Messier.

Ce n’est que mercredi que l’avocat du plaignant a réussi à retracer l’ex-frère, qui ne fait face pour l’instant à aucune accusation criminelle.

«Il est vivant ! Et il est toujours ici. Il vivrait dans la région de Montréal», a indiqué Me Kugler.

Profondément affectés

Les Frères du Sacré-Cœur ont réagi mercredi en se disant «profondément affectés et attristés» par les allégations qui touchent leur communauté.

«Ils entendent collaborer avec transparence pour la suite des procédures. Ils comprennent l’ampleur de la demande. Ils sont stupéfaits et n’ont pas eu affaire à ça par le passé», dit Me Messier, qui rappelle qu’il n’y a qu’un «plaignant et un demandeur» actuellement dans ce dossier.

Selon ce dernier, il est également «prématuré» de discuter d’un règlement à l’amiable à ce stade-ci.