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13 artistes célèbrent Sylvain Lelièvre

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Ariane Moffatt, Les sœurs Boulay, Michel Rivard, Daniel Lavoie, Louis-Jean Cormier et des artistes provenant de toutes les générations se sont approprié des chansons de Sylvain Lelièvre pour rendre hommage au poète de Limoilou.

L’album Salut Sylvain!, lancé hier, réunit aussi Emilie-Claire Barlow, Bïa, Isabelle Boulay, Yves Duteil, Antoine Gratton, Catherine Major, Danielle Oddera et Émile Proulx-Cloutier. Directrice artistique du projet, l’animatrice Monique Giroux, d’ICI Musique, n’a pas hésité une seconde lorsqu’elle a été approchée pour diriger ce projet consacré à l’univers musical de l’auteur-compositeur québécois décédé subitement le 30 avril 2002.

«Je n’ai même pas réfléchi et j’ai dit oui. J’ai commencé à faire jouer ses chansons à CIBL à Montréal en 1986. J’aimais ce qu’il faisait comme musique et on s’est lié d’amitié au fil des rencontres. Il y a une filiation évidente et c’est quelque chose qui allait de soi», a-t-elle raconté, lors d’un entretien.

Monique Giroux a sélectionné 13 titres parmi les 300 chansons qu’il a écrites. Elle a ensuite trouvé les interprètes qui collaient aux Petit matin (Ariane Moffatt), Marie-Hélène (Les sœurs Boulay), La basse-ville (Michel Rivard), Les choses inutiles (Emilie-Claire Barlow), À frais virés (Louis-Jean Cormier), Lettre de Toronto (Émile Proulx-Cloutier) et Qu’est-ce qu’on a fait de nos rêves? (Daniel Lavoie).

Nouveaux arrangements

Avec l’album Salut Sylvain!, Monique Giroux souhaite qu’une nouvelle génération découvre les chansons du poète de Limoilou, présentées avec de nouveaux arrangements, et leur redonne une toute nouvelle vie.

«Le but de cet album est de faire découvrir Sylvain Lelièvre à des gens qui ne l’ont pas connu et donner un autre souffle à ces chansons. C’est aussi de donner l’envie d’aller écouter les versions originales et tout le reste de son œuvre. Il y a plus que 13 chansons», a-t-elle laissé tomber.

Ami de Sylvain Lelièvre et grand Montréalais dans l’âme, Michel Rivard s’est attaqué à la très Vieille Capitale, La basse-ville, avec ses références à la 1re Avenue, la 8e Rue et le tour du chapeau de Jean Béliveau au Colisée.

«J’avais écrit un poème sur Sylvain pour la Promenade des écrivains, il y a deux étés, et j’étais allé m’imbiber du quartier où il avait vécu. Je suis un petit gars des ruelles de Montréal dans un quartier ouvrier et j’avais senti un grand frisson à revisiter l’enfance de Sylvain. Je nous avais trouvé bien des points en commun», a-t-il indiqué.

La basse-ville, ajoute-t-il, c’est la chanson qui s’apparente le plus à ce que Beau Dommage avait fait à ses débuts, avec une réappropriation du territoire.

«C’était les ruelles, les quartiers, les petites maisons et tout ça. J’avais le goût de trouver un espace commun pour rendre hommage à mon chum et cette chanson, c’est exactement ça», a-t-il expliqué.

Qualité d’écriture

Sylvain Lelièvre, selon Michel Rivard, est parti beaucoup trop rapidement. Il est décédé au retour d’un séjour aux Îles-de-la-Madeleine d’une embolie gazeuse cérébrale.

«C’est cliché de dire ça, mais on sentait avec les relectures jazz de ses chansons, sur ses derniers albums, qu’il était heureux là-dedans. C’était tellement lui. Il avait enfin trouvé l’accompagnement et l’espace qu’il souhaitait depuis longtemps. Il avait encore beaucoup de choses à dire», a-t-il mentionné.

Sylvain Lelièvre avait une qualité d’écriture rare, a précisé Michel Rivard.

«Il avait une maîtrise de la langue et de la mélodie. Ses chansons étaient des bijoux», a-t-il dit, qualifiant le poète de Limoilou de grand de la chanson québécoise.

Salut Sylvain! est disponible en magasin et sur iTunes.