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Confidences d’une victime de la guerre

Une femme à Berlin Sophie Desmarais © Maxyme G. Delisle
Photo courtoisie, Maxyme G. Delisle 

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Le récit d’une otage de guerre prendra vie sur les planches dans Une femme à Berlin, une pièce qui fait revivre la chute de la capitale allemande aux mains des Russes pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Campée en 1945 à Berlin sur fond de Deuxième Guerre mondiale, cette ­histoire autobiographique est celle de Marta Hillers (Sophie Desmarais), une jeune journaliste allemande qui avait documenté l’occupation soviétique dans son journal intime, publié quelques années plus tard de façon anonyme. Ce n’est qu’en 2003 que son identité sera révélée, après sa mort, deux ans auparavant. C’est une période trouble pour ­cette jeune femme d’une trentaine d’années, bien cultivée, célibataire, qui a beaucoup voyagé et qui nous fera découvrir l’horreur qu’elle a vécue pendant deux mois durant la guerre.

«C’est une histoire à donner des frissons dans le dos», admet d’emblée la comédienne Sophie Desmarais, qui a été marquée par la lecture du livre, où une femme vit des difficultés innommables. Les hommes ayant déserté pour aller à la guerre, les femmes sont seules à ­Berlin au moment où la ville est prise d’assaut par l’armée russe. Elles vivent dans le froid, entassées dans des abris souterrains avec à peine de quoi se nourrir tandis que les bombardements déferlent.

«L’auteure décrit les choses avec ­justesse sans complaisance et sans ­jamais s’apitoyer», fait remarquer la ­comédienne.

Marta Hillers sera interprétée par les quatre comédiennes de la distribution. «Le récit sera fracturé en plusieurs voix», annonce Sophie Desmarais, qui tient le rôle principal.

Viols à répétition

Rapidement, on comprendra que l'occupation soviétique est un réel cauchemar pour les femmes devenues des proies et des objets sexuels utilisés par les soldats. «Marta Hillers s’est fait violer huit fois durant ces deux mois avant d’avoir la protection de deux hommes qui, eux aussi, lui ont beaucoup passé sur le corps», précise l’interprète. La jeune femme parlera également du sort d’autres femmes qui ont vécu pire ­encore. Pour démontrer l’ampleur de la chose, rappelons que ce n’est pas moins de deux millions de femmes en Allemagne qui ont subi des viols durant la période d'occupation par l'Armée rouge.

«Dans chaque guerre, des femmes sont victimes de viols», rappelle Sophie Desmarais.

Résilience

La pièce tente principalement de démontrer comment cette femme est parvenue à survivre aux atrocités de cette guerre.

«L’écriture est en quelque sorte pour elle un moyen de survivre», souligne-t-elle. «On y retrouve une résilience et un courage incroyables.»

Pour survivre, elle en viendra à se prendre un officier comme amant en échange de nourriture et de protection. «C’est l’instinct de survie et de l’intelligence», lance la comédienne, qui ajoute qu’à l’époque, les femmes se trouvaient dans le néant, ne sachant aucunement combien de temps le calvaire allait durer, sans média pour les informer.

«Le sujet est dur, mais la pièce n’est pas lourde», tient à préciser Sophie Desmarais que l’on retrouve également à la télévision dans les séries, L’imposteur et Prémonitions.

Une femme à Berlin

  • Auteure: Marta Hillers
  • Mise en scène: Brigitte Haentjens
  • Distribution: Évelyne de la Chenelière, Sophie Desmarais, Louise Laprade, Frédéric Lavallée et Évelyne Rompré
  • Du 25 octobre au 19 novembre
  • Théâtre Espace Go