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«Lance sera en F1 l’an prochain»

Ce n’est plus une rumeur, confirme son père Lawrence Stroll

Lance Stroll
Photo Louis Butcher Lance Stroll fait ses adieux à la F3 en…champion

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HOCKENHEIM | Lance Stroll va accéder au cercle fermé des 22 pilotes du plateau de F1 l’an prochain.

Ce qui était une rumeur persistante au cours des dernières semaines est maintenant réalité.

Et c’est de la bouche de son père lui-même, Lawrence Stroll, que nous avons obtenu la confirmation.

«Lance sera en F1 l’an prochain, a indiqué le paternel hier. Vous pouvez l’écrire noir sur blanc.»

Lawrence Stroll est très fier des exploits de son fils Lance, qui accédera à la F1 en 2017.
Photo Louis Butcher
Lawrence Stroll est très fier des exploits de son fils Lance, qui accédera à la F1 en 2017.

Autant le richissime homme d’affaires, qui a fait fortune dans l’industrie de la mode, fuit habituellement les journalistes, autant cette fois il s’est livré sans retenue au représentant du Journal de Montréal.

Comme si, pour une fois, il ne souhaitait plus cacher ses émotions, mais les partager avec le public.

À force de persévérer – juste un tout petit peu en ce qui nous concerne –, on finit par avoir des ­réponses franches.

Notre rencontre inattendue a changé l’impression que nous avions de cet homme réservé dont on évoque toujours la fortune colossale.

Un père comblé et fier

Pendant notre conversation d’une dizaine de minutes, après la dernière des trois victoires de son fils hier en F3 à Hockenheim, papa n’a pas manqué de dire à quel point il est comblé.

«Lance réalise son rêve, a-t-il dit. Ses succès et son championnat en F3 représentent un bel exploit. Mais ce dont je suis le plus fier, c’est de la façon dont il est parvenu à atteindre de tels sommets.

«Vous ne pouvez pas savoir comme il a travaillé fort depuis le début de sa carrière, a-t-il renchéri. Sa rigueur et sa persévérance ont fait de lui un champion de F3. Ce n’est pas banal.

«La route a été longue, ardue par moments, mais c’est la plus belle des ­récompenses.

«Maintenant, il atteint son objectif ultime, la F1. Je suis convaincu qu’il va y connaître du succès. C’est un grand défi pour lequel il s’est préparé ­depuis longtemps.

Quand on lui a demandé s’il fallait donc faire nos plans de voyage pour le premier Grand Prix de la saison 2017 à Melbourne, en Australie, ­Lawrence Stroll a répondu sans ­hésitation.

«Oui, je vous le suggère fortement», a-t-il dit.

Qui d’autre que Williams ?

Fin renard et ne souhaitant pas vendre la mèche, Lawrence Stroll n’a pas voulu dévoiler l’identité de l’écurie qui fera appel à son fils, même si son embauche chez Williams ne fait aucun doute.

«Nous étudions deux options, nous a-t-il affirmé, sourire en coin. Vous saurez tout dans quelques ­semaines.»

Or, cette autre avenue qu’il évoque, c’est probablement Force India, cette équipe qui, coïncidence, a appris il y a quelques jours à peine que l’un de ses porte-couleurs, Nico Hülkenberg, avait accepté l’offre de l’écurie ­Renault pour 2017.

Essais intensifs

Mais on l’imagine, ce n’est qu’une façon pour le paternel de brouiller le portrait final. Il veut laisser à ­Williams le soin d’annoncer ­officiellement la venue de son fiston.

Lance Stroll est non seulement le pilote de développement de l’écurie britannique depuis novembre dernier, mais celle-ci le soumet actuellement à des séances d’essais privés (au volant d’une monoplace de l’année 2014) qui vont s’intensifier au cours des prochaines semaines.

Enfin, Le Journal a appris, non pas de la bouche du père doit-on spécifier, que l’annonce officielle de l’embauche de Stroll doit être faite le 3 novembre à Londres.

Ce qui fait taire certaines rumeurs selon lesquelles cette conférence de presse attendue serait tenue ce week-end à Austin, lieu du Grand Prix des États-Unis, ou à Mexico la ­semaine suivante.

► Celui qui célébrera son 18e anniversaire de naissance le 29 octobre devient donc le premier Québécois (et Canadien) à accéder au grand cirque de la F1 depuis Jacques Villeneuve, en 1996.

► Couronné champion en 1997 au ­volant d’une Williams, justement, ­Villeneuve a disputé son dernier Grand Prix à bord d’une BMW-Sauber le 30 juillet 2006 à Hockenheim.

Week-end parfait à Hockenheim

HOCKENHEIM | Titré deux semaines plus tôt à Imola, Lance Stroll en a rajouté en remportant les trois dernières étapes du Championnat européen de F3 disputées à Hockenheim au cours du week-end.

Victorieux à deux reprises la veille, après s’être élancé à chaque fois en position de tête, le pilote de l’écurie Prema a fait ses adieux à la discipline avec panache en signant la 14e victoire de la saison, et ce, en 30 tentatives.

Sa dernière participation n’aura été une fois de plus qu’une autre démonstration magistrale de son talent au volant d’une voiture de course.

Le pilote 17 ans s’était pourtant contenté du quatrième rang sur la grille de départ.

«Je me suis dit que je n’avais rien à perdre, a indiqué Stroll en entrevue au Journal de Montréal. Que j’avais la chance de terminer mon aventure en F3 sur une bonne note.»

Manœuvre audacieuse

Dès l’extinction des feux rouges, Stroll est passé aux actes, se faufilant entre deux rivaux placés devant lui qu’il a devancés à la sortie du premier virage du tracé ­allemand.

Une manœuvre audacieuse, certes, mais qui s’est avérée fructueuse.

«J’ai crié dans mon casque, a-t-il poursuivi. C’était très limite, mais la manœuvre a réussi.»

Puis, avant même de terminer le deuxième tour, le détenteur de la première place, Joel Eriksson, a dû céder aux attaques pressantes du vainqueur.

Ç’a été pour le reste un ­autre parcours sans fautes pour Stroll, qui a devancé le Suédois de près de cinq ­secondes au fil d’arrivée.

Avec ses cinq gains consécutifs, le pilote québécois a complètement survolé la concurrence, comme en témoigne son incroyable avance de 185 points, du jamais-vu, aux dépens de son plus sérieux poursuivant et coéquipier, l’Allemand ­Maximilian Günther.

Des éloges d’Ocon

Stroll a reçu son trophée de champion des mains d’Esteban Ocon, qui avait obtenu pareille consécration dans cette série en 2014.

«Il a montré cette année de très belles qualités», de dire le Français qui est maintenant pilote de F1 chez ­Manor.

Contrairement à Stroll, Ocon est passé par la discipline du GP3 l’an dernier, dont il a été également couronné champion, avant d’accéder à l’étape ultime cette année.

«Si j’avais eu la même chance que lui, indique Ocon, j’aurais fait la même chose. La transition de la F3 à la F1 est possible, comme l’ont prouvé d’autres pilotes.

«Sa place en F1, il ne l’a pas volée, il l’a clairement méritée.»

Une saison de rêve en F3 pour Lance Stroll

  • Départs 30
  • Victoires 14
  • Podiums 20
  • Positions de tête 14

Classement final 2016

  1. Lance Stroll (CAN) 507 pts
  2. Maximilian Günther (GER) 322 pts
  3. George Russell (GBR) 274 pts