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Une Montréalaise contre le gaspillage vestimentaire

Raphaëlle Bonin, la Montréalaise derrière le projet Station Service.
Photo Camille Dufétel Raphaëlle Bonin, la Montréalaise derrière le projet Station Service.

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Les Montréalais pourraient cesser de céder aux achats impulsifs et éphémères de vêtements et se mettre à louer certaines de leurs tenues, croit une entrepreneure déterminée à lutter contre le gaspillage de vêtements.

Depuis un an, Raphaëlle Bonin a cessé d’acheter son linge dans les enseignes de «mode rapide» et compte bien donner le goût au Montréalais de passer à la location de tenues pour le «day-to-day». «On est dans un grand mouvement d’économie de partage avec Car2go, BIXI, Communauto, Airbnb, et de moins en moins dans l’achat, remarque-t-elle. Si tu as un besoin particulier, pas nécessairement pour un gala, ça peut être un 5 à 7, une entrevue ou autre, plutôt que d'acheter une tenue je propose de la louer à une fraction du prix.»

Prise de conscience

Baptisé Station Service, le projet de cette finissante à HEC, pour l'instant embryonnaire et qui devrait être lancé officiellement dans les prochains mois, sera présenté ce mercredi soir aux Montréalais à l'occasion du lancement d'une campagne de socio-financement au Café Pista.

Raphaëlle Bonin indique que son idée est née d’une prise de conscience après le visionnement le documentaire The True Cost, un portrait global sur la consommation de vêtements. «Ma consommation était démesurée. Je payais 20$ une paire de jeans, je me disais que ce n’était pas cher puis je réalisais que ce n’était pas un investissement : il brise rapidement, t’en achètes un puis cinq après.»

Selon elle, nombreux sont ceux qui partagent ce réflexe et amènent finalement des sacs immenses de vêtements dans des centres de dons. «Mais ils ne finissent pas tous sur les racks, ils sont aussi souvent jetés et enfouis».

L’entrepreneure de 26 ans a remarqué que des concepts de location de vêtements existaient déjà à Montréal, mais ciblant une clientèle particulière ou des événements précis, dans le cas de services de location de robes de soirées. «Je m’adresse à une clientèle de femmes de caractère travaillant dans des milieux créatifs et j’aimerais pourquoi pas élargir ça aux hommes, assure celle qui s’est entourée de 11 designers québécois. Au départ, ce ne seront pas des vêtements seconde main, mais ça va le devenir!», précise-t-elle également.

Locations abordables

Côté prix, en incluant l'assurance et le nettoyage, il pourrait s'agir environ du quart du coût de la tenue du prix boutique. Les gammes de prix boutique des tenues pourront varier entre 100 $ et 400 $ et des accessoires seront aussi proposés. Les locations sont prévues pour cinq à 10 jours ou plus en cas de voyages d’affaires et les livraisons seront effectuées à vélo.

«Mon but n’est pas de faire la morale, mais qu’il y ait une prise de conscience au même titre que pour le gaspillage alimentaire et que ça fasse petit à petit partie de nos mœurs», avise la Montréalaise, qui compte organiser des ventes de fin de saison.

Le saviez-vous ?

Chaque Québécois jetterait neuf kilos de textiles par année : cela correspond à plus de 67 000 tonnes de textiles éliminés par an à l’échelle du Québec.

Source : étude de caractérisation de RECYC-QUÉBEC (2009)