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Hydro-Québec devrait-elle l’imiter?

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En moins d’un an, le gouvernement ontarien a déjà privatisé la société d’État Hydro One à hauteur de 30 %. Ce qui lui a rapporté jusqu’à présent quelque 3,9 milliards de dollars. Est-ce que le gouvernement du Québec aurait avantage à imiter le gouvernement ontarien et ainsi commencer à privatiser partiellement Hydro-Québec?

Commençons par faire le point sur Hydro One. La société ontarienne va très bien en Bourse. Depuis son inscription à la cote de la Bourse de Toronto, en novembre dernier, l’action de la société d’État ontarienne a grimpé de 20 %, en plus de rapporter un dividende annuel de 3,4 %.

Émis initialement à 20,50 $, l’action d’Hydro One s’échange autour de 24,70 $ pièce. Tout un placement pour les petits investisseurs du premier appel public à l’épargne.

Certaine urgence

Comme on sait, c’est dans le but de renflouer les coffres de l’État et ainsi diminuer son lourd déficit que le gouvernement libéral de Kathleen Wynne a décidé l’an dernier de privatiser partiellement Hydro One.

Et son gouvernement semble y voir une certaine urgence. À peine quelques mois après l’émission du premier appel public, début novembre 2015, une autre émission d’actions suivait en avril dernier.

Et, d’autres émissions devraient suivre au fil des prochains semestres; l’objectif du gouvernement Wynne étant de privatiser Hydro One jusqu’à hauteur de 60 %.

Compte tenu du cours actuel de l’action (24,70 $), la vente d’un autre bloc de 30 % des actions d’Hydro One pourrait rapporter au gouvernement ontarien un peu plus de 4 milliards de dollars.

On résume: en privatisant Hydro One à hauteur de 60 %, le gouvernement ontarien devrait récolter au moins 8 milliards de dollars d’argent frais.

Que représente cette somme par rapport à la dette ontarienne qui va atteindre cette année les 308 milliards? Eh oui! une fraction d’à peine 2,6 %. Mais une fraction qui lui fera économiser 240 millions de frais d’intérêt par année!

Hydro-Québec

L’entrée en Bourse d’Hydro One a permis de donner une valeur marchande de 14,7 milliards à la société d’État ontarienne.

Comme Hydro-Québec est nettement plus grosse et plus rentable qu’Hydro One, sa valeur marchande pourrait s’échelonner de 35 à 40 milliards, ou peut-être plus.

En 2015, le volume d’affaires d’Hydro s’élevait à 13,8 milliards, comparativement à 6,5 milliards pour Hydro-One. Le bénéfice net? Hydro-Québec a rapporté un bénéfice net de 3,15 milliards et Hydro-One seulement 690 millions.

La privatisation partielle d’Hydro-Québec pourrait rapporter de 3,5 à 4 milliards de dollars par tranche de 10 % de privatisation.

Mais, aussi «payante» soit-elle en apparence, aucun parti politique (libéraux, péquistes, caquistes, solidaires) n’a osé jusqu'à maintenant recommander la privatisation d’Hydro-Québec.

Heureusement d'ailleurs. Hydro-Québec est une vache sacrée et surtout, la société d’État la plus rentable, et de loin.

Privatiser un bénéficie net annuel de 3 milliards, ne serait-ce que partiellement, consisterait à se tirer dans le pied. Et le Québec n’en a pas les moyens!