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Les policiers poursuivent Radio-Canada et Enquête

Ils réclament 2,3 M$ après le reportage d’Enquête

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VAL-D’OR | Les policiers de Val-d’Or poursuivent Radio-Canada et une journaliste pour 2,3 M$ à la suite du reportage de l’émission Enquête sur des allégations de femmes autochtones qui ont prétendu être victimes de violences physiques et sexuelles de policiers.

Selon la poursuite, le reportage n’a pas les attributs d’une information de qualité, soit la rigueur de raisonnement, l’exactitude, l’impartialité et l’équilibre.

La poursuite déposée par les 41 policiers du poste de Val-d’Or vise Radio-Canada et la journaliste Josée Dupuis, qu’ils accusent de diffamation.

«Le mal est fait, les carrières sont brisées, les policiers sont détruits, en dépression, ils vivent de l’isolement social, sont insultés et injuriés», a dit Pierre Veilleux, président du Syndicat des policiers.

Conséquences lourdes

À la suite du reportage où des femmes autochtones prétendaient avoir été agressées par des agents, huit policiers avaient été suspendus de leurs fonctions.

Deux d’entre eux ont rapidement été réintégrés puisque les allégations se sont révélées fausses. Un policier n’était même pas en fonction au moment où une femme autochtone prétendait avoir été violentée par celui-ci.

Les six autres policiers sont toujours suspendus, même si aucune accusation criminelle n’a encore été déposée contre eux. Les allégations n’ont donc jamais été prouvées devant la justice.

Le Journal avait révélé qu’une des dénonciatrices, Bianca Moushoom, qui avait raconté à Enquête avoir fait des fellations à plusieurs policiers pour un montant de 200 $ (100 $ pour l’acte sexuel et 100 $ pour qu’elle se taise), était en prison pour avoir violenté un policier au moment de la diffusion du reportage.

Pierre Veilleux confirme que cette poursuite est sans précédent et que les frais judiciaires sont entièrement payés par les cotisations syndicales de ses membres.

Justification

Radio-Canada a répliqué aux policiers par communiqué en vantant et en justifiant son reportage.

«Couronné du prix Michener, la plus haute récompense journalistique au Canada, et réalisé dans le respect des normes et pratiques journalistiques de Radio-Canada, le reportage Abus de la SQ: les femmes brisent le silence revêtait un intérêt public indéniable et Radio-Canada n’a commis aucune faute en diffusant ce reportage de l’émission Enquête», peut-on lire dans un communiqué.

La Sûreté du Québec n’a pas voulu commenter.