/opinion/blogs/columnists
Navigation

Alice: quelle version croire ?

Alice: quelle version croire ?

Coup d'oeil sur cet article

Je mets des gants blancs. Je marche sur des œufs. Je tourne sept fois mes doigts au-dessus de mon clavier.

Mais je veux quand même vous parler de l’affaire Alice Paquet vs Gerry Sklavounos.

Pas pour juger. Par pour condamner. Pas pour faire un procès.

Pour comprendre. Et pour faire ce que font toujours les journalistes : souligner les contradictions quand on interviewe quelqu’un, qu’il soit député, chanteur ou vendeur de chars usagés.

 

Alors voici mes questions :

-Pourquoi raccrocher au téléphone quand une enquêteure de police appelle mais répondre au téléphone aux  appels de journalistes qui demandent des entrevues (radio, télé, journaux) ?

 

-Pourquoi affirmer dans trois entrevues différentes 1-« je ne sais pas si j’ai dit non »,2- « j’ai clairement dit non », 3-« si je ne dis pas oui, c’est non ».

 

-Pourquoi laisser entendre que les policiers l’ont dissuadée de porter plainte pour affirmer moins de 24 heures plus tard que les policiers ne l’ont jamais dissuadée de porter plainte et que ce sont plutôt ses proches ?

 

-Pourquoi évoquer des « points de suture » qu’elle aurait dû subir suite à sa présumée agression pour reculer moins de 24 heures plus tard, après une discussion avec ses avocats »  ?

 

Alice Paquet a choisi de reculer sur certains détails livrés lors de son témoignage au Journal publié vendredi.

À la suite d’une discussion avec ses avocats, elle dit maintenant ne pas avoir eu de points de suture, même si elle l’a affirmé à plusieurs reprises lors de deux entretiens avec Le Journal.

«C’est moi qui recule. J’en prends l’entière responsabilité. Moi, je prends ça sur mes épaules d’avoir reculé. Je l’assume totalement», a-t-elle confirmé au Journal en pleine connaissance de cause. (Journal de Montréal)

 

Elle reconnaît avoir donné des versions contradictoires sur les soins médicaux qui auraient été nécessaires à la suite de son agression. Elle avait dit à La Presse ne pas avoir eu de points de suture, puis soutenu le contraire au Journal de Montréal, pour finalement revenir à sa réponse initiale hier. « Pour ce qui est des points de suture, je suis revenue sur mes paroles, oui. C’est dans mon droit de nier ou acquiescer (on parle de mon vagin ici, hello ? ?). Si je n’ai plus envie d’en parler, c’est mon choix. » (La Presse)

-Pourquoi affirmer que la deuxième rencontre a eu lieu pour confronter le député à ce qu’il avait fait pour ensuite dire que la deuxième rencontre a eu lieu parce que « je suis un peu masochiste ».

 

Je souhaite qu’on soutienne les présumées victimes d’agression sexuelle. Qu’on les écoute, qu’on les console, qu’on les encadre.

 

Mais le danger quand on dit d’emblée « On vous croit » ou qu’on utilise le mot-clic #onvouscroit c’est qu’on se met la main dans le tordeur : peut-on vraiment croire une version si elle est contredite le lendemain ?

 

Quand on dit à une présumée victime : « On vous croit», on fait quoi quand elle-même se dédit de certains éléments de son témoignage ?

 

« On croit » la version du mercredi ou la version du jeudi ? Ou celle du vendredi ?

 

Celle du matin à Gravel ou celle du soir à Dussault ?

Celle donnée à La Presse ou celle donnée au Journal de Montréal ?

Celle pendant une vigile à l’Université Laval ou celle devant des journalistes chevronnés ?

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.