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Robert Langdon et les tourments de Dante

Robert Langdon et les tourments de Dante
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Tom Hanks et Ron Howard se réunissent pour la troisième fois dans cette adaptation du roman de Dan Brown. De Florence, où s’est déroulée la conférence de presse de présentation du dernier-né de cette franchise de 1,2 milliard de dollars, les deux hommes ont allègrement plongé dans les affres de l’enfer...

L’enfer, tiré de la Divine comédie de l’italien Dante, date du XIVe siècle. C’est ce poème décrivant les neuf cercles de l’Enfer qui va habiter Robert Langdon (Tom Hanks) qui, amnésique et avec l’aide de la docteure Sienna Brooks (Felicity Jones), tente d’empêcher un fou d’éradiquer la population mondiale.

«En la regardant d’un point de vue de réalisateur, il n’a pas de plus belle ville au monde que Florence pour y tourner un thriller contemporain», a indiqué Ron Howard en présentant sa nouvelle œuvre aux médias. «C’est une ville de beauté et de mystère, le mystère venant de questions en suspens qui hantent les murs de cette cité, ce que Dan Brown a brillamment réussi à transcrire dans son livre.»

«L’histoire écrite par Dan Brown donne à Robert Langdon l’occasion de naviguer à travers sa propre version des cercles de l’enfer. Visuellement, c’était un défi créatif intense que de mettre en images la crise vécue par Robert Langdon ainsi que l’état d’esprit dans lequel il se trouve», a dit Ron Howard.

Robert Langdon (Tom Hanks) et la docteure 
Sienna Brooks (Felicity Jones).
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Robert Langdon (Tom Hanks) et la docteure Sienna Brooks (Felicity Jones).

Métaphore moderne

Élaborant sur l’attrait de ce jeu de piste imaginé par l’auteur de best-sellers américains, Tom Hanks a souligné la brûlante actualité d’Inferno. Car le romancier n’a pas retranscrit la vision de Dante, mais a élaboré une intrigue précise autour du concept de l’enfer. Tom Hanks et Ron Howard ont donc eu de nombreuses discussions autour du scénario du film.

«L’une des choses dont nous avons amplement parlé est la notion, présente dans le roman, d’un enfer sur Terre, alors que Dante décrit un lieu très précis où l’on va. Ici, [l’antagoniste voulant libérer un virus mortel, capable de tuer la population mondiale] la surpopulation de la planète crée les conditions idéales pour que l’Enfer de Dante devienne une réalité palpable.»

«On peut se rendre dans un nombre important d’endroits à travers le monde et y trouver soit un environnement toxique, soit des gens réduits en esclavage, bref, un large éventail de misère humaine, tous ces degrés différents étant, en fait, créés par l’homme. Pour moi, le concept de cet Enfer en est un qui peut être évité, mais seulement si tout le monde comprend la nature du problème auquel on est confronté et travaille de concert afin de l’éviter», a commenté l’acteur.

Une curiosité à satisfaire

Professeur à Harvard, Robert Langdon est désormais synonyme d’aventures, de mystère, d’histoire et d’énigmes à résoudre. Ne dérogeant pas à son habitude de s’auto déprécier avec humour, Tom Hanks a détaillé l’intérêt qu’il éprouve à incarner ce personnage depuis dix ans.

«Jouer Robert Langdon dans le Da Vinci Code (2006), puis dans Anges et démons (2009) et maintenant dans Inferno m’a donné la plus grande des possibilités au monde. En effet, ces films me donnent l’occasion de jouer l’homme le plus intelligent qui soit. Et ça, je sais parfaitement faire semblant de l’être! [Rires] Donnez-moi la quantité voulue de dialogues et suffisamment de temps pour faire ma recherche et je peux vous convaincre que je suis probablement l’homme le plus intelligent dans cette pièce!»

Le professeur et Robert Langdon a permis à Tom Hank «de jouer l’homme le plus intelligent qui soit».
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Le professeur et Robert Langdon a permis à Tom Hank «de jouer l’homme le plus intelligent qui soit».

«Le cadeau que m’a fait Dan Brown est l’opportunité d’interpréter un homme habité par la curiosité, qui a des opinions très assurées et qui est constamment en quête de réponses. Et ça, c’est une joie et un plaisir», a-t-il tenu à souligner.

► Inferno déboule en force sur les écrans du Québec le 28 octobre.

Le succès de Dan Brown

Avec ses best-sellers mettant en vedette le professeur Robert Langdon, Dan Brown est désormais connu dans le monde entier. Et ses romans ont été dérivés en plusieurs produits...

En 1993, Dan Brown entame l’écriture de Forteresse digitale, son tout premier roman, publié aux États-Unis cinq ans plus tard. Suivent ensuite Anges et démons (2000) et Deception Point (2001). Malgré son acharnement, les ouvrages ne se vendent que très modestement, moins de 10 000 exemplaires pour chacun des trois livres. Mais l’auteur ne se décourage pas.

Le vent change en 2003, au moment de la sortie du Da Vinci Code. Présenté – certains arguent qu’il s’agit d’une simple démarche de marketing... qui a parfaitement fonctionné – comme historiquement et culturellement exact même s’il s’agit d’une fiction, le roman génère un engouement sans précédent au point que seule J.K. Rowling, qui vient de sortir Harry Potter et l’ordre du Phénix, parvient à vendre plus de livres que lui!

La suite...

Fort de sa notoriété, Dan Brown est désormais libre de continuer sa tétralogie avec Robert Langdon. Suivent alors Le Symbole perdu en 2009 puis Inferno en 2013. Si les ventes de ces deux derniers opus n’atteignent pas celles du Da Vinci Code, le succès est néanmoins solide et les studios Sony décident d’adapter – en conservant le binôme Hanks Howard – Anges et Démons en 2009, suivi d’Inferno qui prend l’affiche le 28 octobre.

Tom Hanks et Ron Howard ont eu de nombreuses discussions autour du scénario du film.
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Tom Hanks et Ron Howard ont eu de nombreuses discussions autour du scénario du film.

Controverse

Parce qu’il s’attaque à la Bible et à l’histoire de Jésus, Dan Brown se retrouve dans la ligne de mire de l’Église et du Vatican. Le buzz est énorme, le succès suit, le Da Vinci Code est traduit en 44 langues et les ventes explosent (en 2010, il s’en était écoulé plus de 86 millions d’exemplaires). Comme l’Église met un point d’honneur à contester les théories énoncées par l’écrivain, le tout fait boule de neige et les studios Sony s’emparent, pour six millions $, des droits d’adaptation du roman au grand écran. Le film, réalisé par Ron Howard et mettant en vedette Tom Hanks, Audrey Tautou et Jean Reno, présenté en grande pompe au Festival de Cannes, engrange 758,2 millions $ aux guichets mondiaux pour un budget de 125 millions $. Et l’engouement est tel qu’un jeu vidéo (!) voit le jour.