/news/politics
Navigation

Plusieurs maires refusent d’avoir plus de pouvoirs

Serge Péloquin
Photo courtoisie Le maire de Sorel-Tracy, Serge Pélo­quin, ne se servira jamais des nouveaux pouvoirs qui permettent à l’Assemblée nationale d’imposer des conditions de travail aux employés municipaux.

Coup d'oeil sur cet article

SOREL-TRACY | Des maires qui ne souhaitent pas passer pour de gros méchants et qui craignent que le gouvernement ne «foute le bordel dans leurs négociations» se prononcent contre le projet qui permettrait aux villes d’imposer les conditions de travail.

Le projet de loi demandé, entre autres, par les maires de Québec Régis Labeaume et de Montréal Denis Coderre vise à «rééquilibrer le rapport de force» entre les villes et leurs employés syndiqués en permettant à l’Assemblée nationale de décréter les conditions travail des fonctionnaires municipaux.

À Sorel-Tracy, cette mesure est jugée inutile puisqu’il n’y a eu aucun conflit de travail en 30 ans.

«On n’a pas besoin du rapport de force que la loi 110 donnerait aux maires pour venir foutre le bordel dans notre climat de négociation. Avec cette loi-là, le ministre des Affaires municipales Martin Coiteux vient d’armer les municipalités avec un gun qu’on ne veut pas utiliser», a lancé le maire de Sorel, Serge Péloquin.

Une résolution unanime qui promet de ne pas avoir recours à cet outil a été votée au dernier conseil municipal pour rassurer les 200 employés municipaux.

Coup de matraque

Son homologue de Ville-Marie, au Témis­camingue, croit que cette loi perturberait le rapport de force entre les parties. «Je pense qu’aller chercher ce genre d’outil, c’est dire aux employés que, quoi qu’il se passe, on a la matraque pour vous casser les jarrets», s’est exclamé Bernard Flebus.

Advenant son adoption par le gouvernement du Québec, plusieurs maires demandent que les villes qui le désirent puissent s’y soustraire. «C’est comme s’ils disaient: vous n’êtes pas foutu de gérer vos trucs, alors on vous impose une loi. Ils seraient mieux de faire le ménage chez eux avant d’imposer des choses aux municipalités», a réitéré M. Flebus.

Le maire de Lanoraie, Girard Jean, compte aussi faire adopter une résolution contre cette mesure lors de son prochain conseil municipal en novembre.

«Je connais toutes les personnes qui travaillent pour moi. Ces politiques viennent d’en haut et ces gens ne connaissent pas le terrain, alors on se retrouve avec des lois comme ça qui viennent juste créer la zizanie. Ça vient mettre une épée de Damoclès sur la tête des employés», a lancé le maire de cette ville qui compte près de 25 employés.

Loi inutile

Le maire d’Alma, une ville de 31 000 habitants, assure également «ne pas avoir besoin de cette loi».

«Ce n’est pas qu’on est plus éloigné, on est juste plus humain. Montréal, c’est une ville très impersonnelle où l’on utilise des moyens de pression violents pour atteindre ses objectifs. Je pense qu’entre adultes et personnes raisonnables, on peut trouver des terrains d’entente», a affir­mé Marc Asselin.

Ce qu’ils ont dit

« On n’a pas sauté au plafond quand on a entendu ça (l’adoption de la nouvelle loi), au contraire. On a dit, bon, on va encore passer pour de gros méchants. »

– Bernard Flebus, maire de Ville-Marie


« On pense ne pas devoir s’en servir, mais les négociations sont souvent plus ardues avec certains corps de métier comme les policiers. Enfin, on nous donne cet outil. »

– Alexandre Bélisle, maire de Verchères


« Je ne pense pas devoir appliquer cette loi, mais je crois que c’est un filet de sécurité mis en place pour aider les villes d’envergure qui avaient du mal à s’entendre avec les syndicats. Les gens seront maintenant conscients qu’un outil pourra être utilisé si, après 120 jours, ils ne peuvent pas s’entendre. »

– Luc Provençal, maire de Beauceville


« C’est le bonbon du pacte fiscal entre les municipalités! Les maires ont accepté le pacte, mais ils disent qu’ils ne veulent pas du gros morceau des négociations? Pourquoi on a fait un pacte fiscal, alors? Je ne comprends pas. Je suis un fervent partisan des négociations, mais il ne faut jamais dire jamais. »

– Pascal Bonin, maire de Granby


« C’est un outil supplémentaire dans notre coffre, ça fait 30 ans que les villes réclament ce change­ment. C’est au bénéfice des contribuables, car si on n’arrive pas à s’entendre, ce sont eux qui payent la note».

– Alexandre Cusson, maire de Drummondville

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.