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Un premier disque solo pour Richard d’Anjou

Après avoir touché le fond du baril, l’ex-chanteur de Too Many Cooks revient en force

Richard d’Anjou lancera son premier album solo en 2017.
Photo courtoisie gilles blais Richard d’Anjou lancera son premier album solo en 2017.

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Richard d’Anjou revient de loin. Celui qui a connu le succès à titre de chanteur de la formation Too Many Cooks, dans les années 90, a dû se défaire de sa dépendance à la drogue et à l’alcool avant de pouvoir renouer avec sa passion: la musique. Sobre depuis 12 ans, l’auteur-compositeur-interprète planche en ce moment sur son premier disque solo.

La descente aux enfers de Richard d’Anjou a commencé avec la fin de l’aventure Too Many Cooks.

«Quand la fin s’est imposée, après la parution de notre disque Hungry? (en 2001), j’ai comme vécu une peine d’amour, raconte-t-il en entrevue. Je ne voulais plus rien savoir. J’écoutais de la musique techno; je ne chantais plus. J’avais une guitare, mais je ne m’en servais pas.»

Consommateur d’alcool et de pot depuis l’adolescence, le musicien à qui l’on doit les succès Rita, Face to Face et Refuse to Die (composés avec son ex-complice Dan Georgesco, aujourd’hui membre des Porn Flakes) a mis sa vie en danger à plusieurs reprises avant de toucher le fond du baril, au mois d’août 2004.

«Après les “Cooks”, je n’avais plus de comptes à rendre. C’est là que je suis allé vers des drogues plus fortes. J’ai fait pas mal d’héroïne, tous les opiacés, de la poudre (...) Un jour, je me suis réveillé à l’Hôtel-Dieu, à Sherbrooke. Au départ, je ne voyais pas clair. J’en voulais à mon ami qui avait appelé l’ambulance.»

Se reprendre en main

Après avoir suivi une thérapie, Richard d’Anjou a d’abord cherché à remettre sa vie sur les rails. Il a repris le travail (il détenait déjà un certificat de charpentier-menuisier) et s’est initié au bouddhisme.

«J’ai fait de la construction, parce que je devais manger et mettre un toit au-dessus de ma tête. Je suis très bon – j’ai même construit ma maison de A à Z –, mais ce n’est pas ma passion.»

Solide, l’artiste de 51 ans, qui est aujourd’hui père de deux enfants, dit avoir renoué avec la musique il y a environ cinq ans. Plus inspiré que jamais, il achève en ce moment la composition de Beautiful Me, son premier album solo.

«Dans mes chansons, j’aime parler de mon histoire, mais au deuxième ou au troisième degré, a expliqué celui qui donnera dans le rock et le dark folk. Je veux que les gens puissent interpréter mes chansons en fonction de leur vécu.»

Et au niveau musical, à quoi devons-nous nous attendre?

«Il y aura du folk, mais ce ne sera pas trop clean. J’aime ça quand c’est sale. Je suis plus Stones que Beatles, disons.»

Il dépasse son objectif en 24 heures

Mise en ligne sur la plateforme Ulule le 19 octobre dernier, la campagne de sociofinancement du premier album solo de Richard d’Anjou remporte un succès inespéré.

En effet, il n’aura fallu que 24 heures avant que l’artiste ne dépasse son objectif, fixé à 5000 $. Au moment d’écrire ces lignes, ce sont pas moins de 11 602 $ qui avaient été récoltés.

«Ça faisait un moment que je pensais à faire un album, mais j’écrivais seulement des tounes de temps en temps, tout en pratiquant mon métier de charpentier, a raconté l’artiste. C’est en les faisant écouter à mon entourage, dont mon amie Véronique Marcotte (sa gérante), que j’ai été encouragé à poursuivre. C’est elle, d’ailleurs, qui a eu l’idée de la campagne de sociofinancement.»

Les pieds sur terre

Malgré l’engouement suscité par son projet, qu’il co-réalisera avec le bassiste de renom Jean-François Lemieux, Richard d’Anjou essaie de ne pas trop s’emballer.

«Quand tu te désintoxiques, c’est un cheminement. Tu apprends à lâcher prise sur certaines choses, a-t-il expliqué. Ma job, c’est de chanter, d’écrire des tounes et de m’occuper de ma famille. J’essaie de me concentrer là-dessus, de ne pas m’en faire avec le reste. Je dois garder les deux pieds sur terre.»

Malgré tout, le musicien se dit prêt à se lancer dans une tournée si la demande et les ressources financières sont au rendez-vous.

«Avec ce projet, je retrouve un métier que j’ai toujours aimé faire. La musique, ç’a toujours été une passion, pour moi.»

Les détails concernant la campagne de sociofinancement de Richard d’Anjou, qui se déroulera jusqu’au 25 novembre, se trouvent au fr.ulule.com/beautiful-me.