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Des Québécois s’indignent

Des milliers de citoyens ont marché dans cinq villes de la province hier pour dénoncer la culture du viol

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Des milliers de personnes, dont des victimes d’agressions sexuelles, ont manifesté avec indignation dans les rues de plusieurs villes du Québec hier pour dénoncer la banalisation de la violence faite aux femmes.

«C’est une déclaration de guerre à la culture du viol», a déclaré la militante féministe Mélanie Lemay au Journal, avant le départ d’une marche organisée à Montréal. Des manifestations «Stop culture du viol» ont aussi eu lieu à Québec, Sherbrooke, Chicoutimi et Gatineau.

Ce mouvement a pris de l’ampleur dernièrement dans la foulée de la vague d’agressions sexuelles à l’Université Laval et des allégations d’agressions sexuelles à l’endroit du député indépendant Gerry Sklavounos.

À Montréal, près de 2000 hommes et femmes s’étaient réunis au parc Émilie-Gamelin où de nombreux intervenants du milieu ont pris la parole avant le départ de la marche, qui s’est déroulée de manière pacifique.

Des victimes dans la foule

La journaliste et cocréatrice du mouvement #AgressionNonDenoncée, Sue Montgomery, a demandé aux victimes de violences sexuelles dans la foule de se manifester.

Timidement, mais sûrement, des dizaines de personnes ont levé la main au milieu de la masse, certaines avec les larmes aux yeux.

«Il faut cesser de culpabiliser et de responsabiliser les victimes, a déclaré la porte-parole de l’évènement, Natasha Kanapé Fontaine, dans un élan de compassion. Il n’y a pas de compromis à faire pour notre sécurité et notre bien-être.»

Au Québec, c’est une femme sur trois qui aura été victime d’agression sexuelle dans sa vie, mais aussi un homme sur six. «Je suis très contente de voir les hommes dans la foule», a ajouté Mme Montgomery.

Les manifestants ont ensuite marché jusqu’au Club Soda où un spectacle était prévu avec des artistes invitées, dont les sœurs Boulay et Safia Nolin.

À Québec, environ 500 personnes ainsi que de nombreux politiciens ont déambulé dans les rues.

«Il y aura des actions concrètes du gouvernement. Il faut d’abord en parler», a promis la vice-première ministre Lise Thériault lors de l’évènement.

Photo ANNIE T. ROUSSEL

De nombreux politiciens québécois, dont la vice-première ministre Lise Thériault et le député de Québec solidaire Amir Khadir, ont marché à Québec hier dans le cadre d’une manifestation nationale pour dénoncer la culture du viol. 

Photo Agence QMI, Toma Iczkovits

«On est en train de marquer un tournant dans l’histoire du Québec. On met enfin le doigt sur un profond malaise dans notre société et il est temps d’en parler ensemble», a dit la cofondatrice du mouvement Québec contre les violences sexuelles, Mélanie Lemay.

Photo ANNIE T. ROUSSEL

«Faut dénoncer, faut combattre. On est beaucoup, c’est génial, mais il faut continuer la bataille. Je souhaite bon courage à toutes les survivantes», a déclaré Alice Paquet, qui allègue avoir été agressée par le député indépendant Gerry Sklavounos.

Photo Agence QMI, Toma Iczkovits

«C’est une journée qui est importante pour les femmes, mais aussi pour la société au complet. On est fières d’y participer», a dit la chanteuse Mélanie Boulay (au centre), accompagnée de sa sœur Stéphanie (à gauche) et de Safia Nolin, avant une prestation au Club Soda hier soir.