/opinion/blogs/columnists
Navigation

Quand la gauche méprise le peuple

Quand la gauche méprise le peuple

Coup d'oeil sur cet article

Ce n’est pas à droite que j’ai croisé les pires snobs qui aiment déféquer sur le peuple. C’est à gauche.

Amir Khadir remporte l’or dans cette catégorie cette semaine avec cette déclaration sur les ondes de LCN hier :

« De toute façon, que feraient les gens avec 1000 $ de plus par année dans leurs poches ? Ils dépenseraient cet argent dans des achats futiles, comme des montres dernier cri. »

Et voici la version Luc Ferrandez du même genre de propos méprisants envers la classe moyennne, rapportés par Patrick Lagacé :

 « Nous n’avons pas besoin de plus de télévisions à écran plat, plus de SUV (hausse des ventes de 65 % au Québec), plus de véhicules récréatifs, plus de fifth wheels, plus de cuisines de magazine ; plus de chalets-maisons ; plus de voyages ; plus de ski-doo ultra-performants, plus de vélos à 5000 $. Nous avons besoin d’une hausse du salaire minimum pour les 100 000 Montréalais qui consacrent plus de 50 % de leurs revenus à un logement ; plus de programmes d’intégration pour les immigrants et les réfugiés qu’on appelle en plus grand nombre tout en fermant le robinet des services ; plus de maisons de chambres pour les personnes dans la rue ; plus d’investissement dans les écoles débordées de la CSDM ; plus de CPE et plus de considération pour nos aînés les plus pauvres... »

Luc Ferrandez nous démontre, en prime, qu’il ne comprend rien à l’économie de marché. Celle que nous avons, ne lui en déplaise. Il faut faire avec. (Si, un jour, une majorité de Québécois s’expriment en faveur d’une économie planifiée, à la soviétique, il faudra aussi faire avec.)

Nous voulons tous que les plus vulnérables dans la société aient eux aussi droit à un filet de sécurité dans la vie et accès aux services qui leur sont destinés. Mais comme l’argent ne pousse pas encore dans les arbres (paraît que Monsanto y travaille), et qu’un jour le Québec va devoir rembourser sa dette (à moins de se joindre au club des pays faillis comme l’Argentine, le Venezuela, la Grèce, l’Équateur, et la plupart des pays d’Afrique) ce n’est pas en jetant de l’argent aux problèmes – je sais c’est une formule anglaise, throw money at problems – qu’on va régler quoi que ce soit.

La seule façon d’améliorer substantiellement les choses pour tous les Québécois, c’est d’avoir une économie florissante, des investissements à la tonne et une productivité accrue. Tout le reste, c’est de la planche à billets.

Mais ce qui me trouble le plus, c’est le regard condescendant, méprisant, que ces messieurs portent sur le peuple, la classe moyenne.

Les kétaines, les ploucs, avec des spas et des piscines hors terre dont la bobocratie aime rire les samedis soirs de bonne bouffe entre amis, quelque part entre le foie gras et l’aile de raie au beurre noir.

‘Nous savons ce qui est bon pour vous, même si nous vous méprisons’ susurrent les Khadir et Ferrandez de ce monde.

‘Voulez-vous bien vous mêler de vos maudites affaires ? Nous savons ce qui est bon pour nous,’ répond la clameur populaire.

'Et puis, cet argent que vous voulez dépenser à notre place, c'est nous qui l'avons gagné.'

Quin toé.