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Des parents pressent Justin Trudeau de protéger les enfants

Ils veulent l’entrée en vigueur de la nouvelle loi contre les proxénètes

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Photo Magalie Lapointe Les parents Éric Hauptman et Josée Chaput soutiennent qu’il aurait été plus facile de faire arrêter le proxénète de leur enfant si la nouvelle loi avait été en vigueur comme ils l’espéraient.

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Les parents d’une adolescente qui ont vécu l’enfer de la traite de leur fille et de ses multiples fugues perdent patience face au gouvernement Trudeau, qui selon eux ne respecte pas sa promesse de durcir la loi contre la traite des humains.

En 2013, le fédéral a adopté à l’unanimité un projet de loi qui permet de poursuivre toute personne soupçonnée de proxénétisme sans que les victimes de cette personne soient obligées de témoigner contre elle.

Or, cette loi n’est jamais entrée en vigueur puisqu’il manque toujours le décret. Le premier ministre Justin Trudeau avait pourtant promis d’agir rapidement après son élection. Plus d’un an plus tard, les parents des victimes attendent toujours.

Proxénètes

«Je bous, on voit des filles de 14, 15 ans qui fuguent chaque semaine, leur vie est en danger et le gouvernement nous dit que les proxénètes ont des droits. Mais nos enfants à nous n’ont pas de droits, eux? On peut les battre, les violer, les détruire, les enlever de leur famille... On détruit leur vie, à ces filles-là. C’est urgent d’agir et de faire passer la loi pour sauver nos enfants», dit Éric Hauptman, le père d’une victime.

L’ex-députée Maria Mourani, qui a présenté cette loi en 2012, estime que les criminels qui vivent des fruits de la prostitution ou de la vente d’enfants courent beaucoup moins de risques qu’un trafiquant de drogue, par exemple.

<b>Maria Mourani</b><br>
<i>Ex-députée</i>
Photo Magalie Lapointe
Maria Mourani
Ex-députée

«Les policiers ont les mains liées et, en plus, ils n’ont pas de budget. On investit plus pour arrêter le trafic de drogue que pour arrêter le trafic d’humains. En plus d’être payant, si les gars se font arrêter, ils ne perdent pas leurs millions», mentionne Mme Mourani.

«Nous tenons à atteindre les objectifs importants de ce projet de loi, mais nous devons le faire de façon responsable, tout en respectant nos valeurs et la Charte [des droits et libertés]», a dit au Journal la ministre fédérale de la Justice, Jody Wilson-Raybould.

La loi en bref

  • Donner plus de pouvoir aux policiers qui, bien souvent, sont au courant des allées et venues des proxénètes.
  • Ce sera à l’accusé à démontrer à la cour qu’il ne vit pas avec l’argent criminellement obtenu par la vente de services d’humains plutôt qu’à la Couronne de prouver qu’il en vit.
  • Les peines seront consécutives, donc elles s’additionneront.