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Des publicités pour mobiliser et convaincre

Des publicités pour mobiliser et convaincre

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À onze jours de l’élection américaine, les candidats redoublent d’efforts pour mobiliser leurs partisans et convaincre les derniers indécis. Les publicités télévisées en disent long sur le ton de la campagne.

À moins de deux semaines du vote, les derniers chiffres disponibles sur les dépenses publicitaires montrent que la campagne de Clinton a déployé plus du double des dépenses publicitaires engagées par celle de Donald Trump. Même si la campagne du républicain prévoit une augmentation des placements publicitaires pour le dernier droit, les poches plus profondes de la campagne démocrate et de ses alliés leur permettront de dominer les ondes.

Selon les dernières données disponibles pour la période du 20 octobre au 8 novembre (voir ici), 55 millions $ seront dépensés en publicité pour Hillary Clinton (30 millions $ par la campagne officielle et 25 millions $ par les «Super PACs» qui l’appuient. Du côté de la campagne Trump, on augmentera les dépenses à 32 millions $, mais les groupes indépendants qui l’appuient disparaîtront presque du paysage. Par exemple, les dépenses prévues par le Super PAC «Great America» seront limitées à 2,4 millions $. Les dépenses seront concentrées dans les États clés : Floride, Ohio, Pennsylvanie, Colorado, Caroline du Nord, Nevada, Maine et New Hampshire. Dans ces deux États voisins du Québec, les montants dépensés par électeur seront parmi les plus élevés du pays. Les Québécois qui regardent la télé américaine ne seront donc pas épargnés.

Le message des démocrates

Du côté de la campagne Clinton, les plus récents messages prennent un virage plus positif. La première annonce ci-dessous laisse complètement de côté l’adversaire et souligne les attributs positifs de la candidate. La deuxième, plus efficace, met ces attributs directement en contraste avec les problèmes de l’adversaire: «[...] Une femme qui a consacré sa vie à aider les enfants et les familles ou un homme qui a passé sa vie à s’aider lui-même? Nos enfants nous regardent. Quel exemple allons-nous leur donner?» C’est le moment de choisir.

La famille d’abord

L’exemple

Pour sa part, le Super-PAC pro-démocrate Priorities USA continue de marteler ses publicités anti-Trump en alignant les images et les déclarations les plus controversées du candidat républicain, comme dans la première annonce ci-dessous, au titre révélateur. Tout aussi important, le Super-PAC dissémine des publicités négatives dans les districts où les candidats républicains au Congrès sont les plus vulnérables, en misant sur le fardeau que représente pour eux leur appui à Donald Trump.

La symphonie Trump

Envoyez-moi à Washington avec Trump

Le message du parti de Trump

Les deux plus récentes annonces de la campagne de Donald Trump reprennent des thèmes bien connus. Les déclarations controversées d’Hillary Clinton sont moins nombreuses que celles de Trump, mais la campagne républicaine en a isolé trois qui visent des groupes stratégiques. Dans la première annonce ci-dessous, on vise les Afro-Américains en rappelant une déclaration controversée sur les «superprédateurs», les supporters de Bernie Sanders, avec qui Clinton n’a pas toujours été très généreuse, et on veut fouetter la base de Trump en rappelant sa sortie malheureuse sur les «paniers de déplorables». La deuxième revient sur l’association faite par Trump entre l’immigration illégale et la criminalité, en exploitant une anecdote particulièrement dramatique.

Prédateurs

Laura

Quelques perles

Au milieu de ce tsunami de publicités électorales, on finit toujours par trouver quelques exemples d’annonces particulièrement efficaces ou amusantes. Par exemple, je soulignais la semaine dernière l’annonce extrêmement bien faite et efficace de la campagne Clinton, qui met en scène le père d’un soldat américain mulsulman mort au combat en Irak. On trouve aussi des perles parmi les campagnes plus obscures.

Au Missouri, le candidat démocrate au Sénat Jason Kander a fait une annonce où il dénonce la position de son adversaire sur le contrôle des armes à feu, tout en démontrant clairement qu’il sait de quoi il parle. Très efficace.

«Background checks»

Finalement, l’annonce qui se démarque entre toutes et qui est devenue un phénomène viral avec des millions de visionnements émane d’une obscure campagne pour un poste de commissaire dans un comté du Texas. L’épouse de Gerald Daugherty, un candidat républicain complètement absorbé par son travail, supplie les électeurs de le réélire. Je voterais pour lui sans hésiter.

La meilleure entre toutes: «Please reelect Gerald. Please.»

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Pierre Martin est professeur de science politique à l’Université de Montréal et directeur de la Chaire d’études politiques et économiques américaines au CÉRIUM. On peut le suivre sur Twitter: @PMartin_UdeM