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Immigration: la machine repart

L’immigration, c’est, comme dirait mon conseiller financier, un placement à rendement garanti pour le PLQ

Lancement de la Politique québécoise en matière d'immigration, de participation et d'inclusion - Ensemble, nous sommes le Québec
Photo Ben Pelosse

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Le gouvernement Couillard vient d’augmenter la cadence de sa machine à fabriquer des électeurs libéraux.

La ministre de l’Immigration, Kathleen Weil, a en effet confirmé que le nombre d’immigrants reçus au Québec, qui est présentement de 50 000 par année, passera à 51 000 en 2017, puis à 52 500 en 2019.

Plus, encore plus, toujours plus.

Le bouton qui permettrait de stabiliser ou de réduire ce nombre est apparemment coincé. Le réparateur est occupé ailleurs.

Faits

Pourtant, l’économiste Pierre Fortin rappelait récemment que le taux de chômage des nouveaux immigrants à Montréal est trois fois supérieur à celui des gens nés ici.

Pendant ces périodes de chômage et d’intégration progressive au marché du travail, les dépenses gouvernementales en soutien du revenu sont aussi, forcément, plus élevées.

Voyez également la non-correspondance entre les emplois des immigrants et leurs formations, le recul de la francisation, la création d’enclaves ethniques à Montréal et la montée des tensions autour de la question religieuse.

Le gouvernement du Québec veut prioriser les travailleurs qualifiés, sauf que ceux-ci voudront souvent faire venir leurs vieux parents, dont les chances de s’intégrer à la culture majoritaire seront quasi nulles.

Tout cela montre que nous accueillons trop d’immigrants par rapport à la capacité d’intégration d’une société de seulement 8 millions d’habitants.

Déjà à l’heure actuelle, le Québec reçoit plus d’immigrants chaque année que la population totale de villes comme Rimouski, Shawinigan, Mirabel, Mascouche ou Victoriaville.

La CAQ et le PQ ont raison de vouloir réduire ce nombre.

Au Québec, le pourcentage de retraités va augmenter plus rapidement que le pourcentage de travailleurs. On évoque souvent l’immigration comme solution à cela.

Selon une simulation de l’Institut C.D. Howe, pour que l’immigration permette de stabiliser ce ratio aînés-jeunes, il faudrait que le Québec accueille 225 000 immigrants par année. De la science-fiction.

Par ailleurs, les tensions croissantes autour de l’enjeu religieux sont en train de neutraliser tous les autres avantages que le métissage réussi peut apporter, comme le dynamisme ou la créativité.

Mais notre ministre de la Justice, l’inimitable Stéphanie Vallée, ne comprend toujours pas pourquoi il faudrait interdire le tchador dans la fonction publique puisque, pour le moment, dit-elle, aucune employée ne le porte!

Est-ce que cela signifie qu’il faudra attendre qu’il y en ait trois pour ensuite avoir la délicate tâche de leur expliquer qu’il faut l’enlever, ou concocter à toute vitesse une clause grand-père pour priver du droit de le porter celles qui viendraient après ces pionnières?

Électoralisme

Mais je parle pour parler: le gouvernement se fout pas mal que les immigrants vivent des tas de frustrations ou que les Québécois nés ici se sentent de plus en plus bousculés.

Sans le moindre argument appuyé sur des études sérieuses, la ministre Weil a tranché: «L’immigration n’est jamais un échec, jamais, jamais», a-t-elle dit.

D’un certain point de vue, elle a parfaitement raison: l’immigration, c’est, comme dirait mon conseiller financier, un placement à rendement garanti pour le PLQ.