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Le plus grand sanctuaire marin en Antarctique

Après des années de négociations, un accord historique a finalement été paraphé en Australie

La mer de Ross abrite notamment 40 % de la population mondiale de manchots Adélie et un quart de la population mondiale de manchots empereurs.
Photo AFP La mer de Ross abrite notamment 40 % de la population mondiale de manchots Adélie et un quart de la population mondiale de manchots empereurs.

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Sydney  |  Le plus grand sanctuaire marin au monde verra le jour dans une partie des eaux immaculées de l’Antarctique, à la faveur d’un accord «historique» forgé vendredi en Australie grâce à la levée du veto russe.

Après des années de négociations, un consensus a été trouvé entre les 25 membres de la Commission pour la conservation de la faune et la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR) lors de sa réunion annuelle à Hobart, en Tasmanie.

Présenté par les États-Unis et la Nouvelle­­-Zélande, le projet porte sur la création d’une zone protégée en mer de Ross, une immense baie côté Pacifique.

Elle s’étendra sur une superficie de plus de 1,55 million de kilomètres carrés, soit une aire plus vaste que la France, l’Italie, le Benelux, l’Allemagne, la Suisse et l’Autriche réunis.

« Le dernier océan »

Au total, 1,12 million de kilomètres carrés seront interdits à la pêche, selon le ministre néo-zélandais des Affaires étrangères Murray McCully.

«Notre proposition impliquait certaines modifications pour obtenir le soutien unanime des 25 membres de la CCAMLR, et l’accord final est un compromis entre la protection marine, la pêche durable et les intérêts scientifiques», a-t-il expliqué.

La mer de Ross est parfois surnommée «le dernier océan», car considérée comme le dernier écosystème marin intact de la planète, c’est-à-dire non touché par la pollution, la surpêche ou les espèces­­ invasives.

La puissante organisation américaine de lobbying The Pew Charitable Trusts a estimé dans un communiqué que la CCAMLR, qui rassemble 24 pays et l’Union européenne, avait «écrit l’histoire».

Efforts des Américains

La CCAMLR, établie en 1982 par une convention internationale, achoppait depuis­­ 2011 sur plusieurs projets de gigantesques­­ aires marines protégées.

Mais elle avait entamé le 17 octobre sa réunion annuelle avec de grands espoirs pour la mer de Ross. D’une part parce que Pékin s’était finalement rallié en 2015 à ce projet de sanctuaire.

D’autre part parce qu’un élan avait été donné par le président américain Barack Obama quand il avait annoncé fin août le quadruplement de la superficie de la réserve marine connue sous le nom de Papahanaumokuakea à Hawaï, en faisant – alors – la plus grande au monde.

Restait à convaincre la Russie, réticente notamment face aux restrictions de pêche.

«Nous avons beaucoup discuté avec eux», a déclaré le chef de la délégation américaine à Hobart, Evan Bloom.