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La marche inspirante de Stanley Vollant

Le premier chirurgien autochtone a changé la vie de centaines de jeunes

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ROUYN-NORANDA | La plupart des spectateurs avaient les yeux humides pendant les six minutes qu’a duré l’ovation debout qui a suivi la projection du film Stanley Vollant, de Compostelle à Kuujjuaq lors du 35e Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue.

Premier chirurgien autochtone de l’histoire du Québec, Stanley Vollant a sombré dans une profonde dépression après son deuxième divorce. Au bord du suicide, il a décidé de marcher pour s’en sortir. Lors de sa dernière nuit sur le chemin de Compostelle, il a fait le rêve de marcher entre les diverses communautés autochtones du Québec, du Labrador et de l’Ontario.

Huit ans plus tard, Stanley Vollant a presque franchi 6000 kilomètres et touché des centaines de jeunes.

Partout où il passe, il inspire les jeunes autochtones qui, trop souvent, croient qu’ils n’ont pas d’avenir et sombre dans l’alcool et la drogue.

«Ce qui me touche le plus, c’est d’avoir changé la vie de personnes qui ont choisi la vie plutôt que la mort et qui ont changé leur mode de vie. Quand tu n’as plus de rêve, tu tombes dans la dépression et tu meurs. Pour moi la marche n’est qu’un fil conducteur pour discuter des défis, mais aussi des solutions des premières nations», a raconté M. Vollant.

Au bout de soi

Le film est une invitation à aller au bout de soi-même, autant pour les autochtones que les allochtones. Ça faisait 60 ans que personne n’avait franchi le trajet entre Schefferville et Kuujjuaq à pied lorsqu’une expédition pilotée par Stanley Vollant impliquant 24 membres des communautés Innus, Naskapis et Inuits s’y est lancée. Par des températures de -40 degrés Celsius, l’expédition a été plus difficile que prévu.

«Nos ancêtres franchissaient cette route à pied chaque année. Je dis aux jeunes que leurs grands-parents étaient des athlètes, braves, courageux et résilients. Ces gènes-là vous les avez en vous. Il faut juste se botter le derrière et vous êtes capable de faire de grandes choses», dit Dr Vollant.

Plus belle histoire

Un jour, un ami de longue date du Dr Vollant, Guy Bacon, a cogné à sa porte en profonde dépression pour demander de l’aide. «Je l’ai convaincu de choisir la vie. Il a consulté un médecin et je l’ai invité à marcher 16 kilomètres avec moi. Il en a fait 1000. Pour moi, c’est une des belles histoires que j’ai vues. Mais il y en a eu plein comme ça» dit-il.

Le documentaire sera présenté en 2017 à Radio-Canada sous la forme de deux épisodes d’une heure.