/investigations/sptrades
Navigation

La luxueuse résidence d’un cadre saisie huit mois après sa démission

La résidence de l’ancien directeur des ressources matérielles de l’Hôpital 
St. Mary’s a été mise en vente il y a quelques semaines, avant de faire l’objet d’une saisie avant jugement. Elle a été récem­ment rénovée.
Photo Martin Chevalier La résidence de l’ancien directeur des ressources matérielles de l’Hôpital St. Mary’s a été mise en vente il y a quelques semaines, avant de faire l’objet d’une saisie avant jugement. Elle a été récem­ment rénovée.

Coup d'oeil sur cet article

L’Hôpital St. Mary’s de Montréal vient d’obtenir la saisie avant jugement de la luxueuse résidence d’un de ses anciens cadres qui a démissionné en février dernier.

En plus de la maison de Kirkland, les véhicules de Magdi Kamel et tous ses biens meubles ont été saisis par un huissier le 17 octobre dernier.

La procédure, exceptionnelle pour un hôpital, visait à empêcher que des sommes qui lui seraient dues soient dilapidées ou transférées à un tiers.

Cette histoire s’ajoute à d’autres cas de dirigeants d’hôpitaux montréalais qui ont eu des démêlés judiciaires après avoir quitté leur poste.

La direction du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Ouest-de-l’Île, qui chapeaute l’hôpital, n’a pas voulu dire ce qui avait mené à la saisie. Elle s’est contentée d’indiquer que le cadre a démissionné le 12 février dernier. «Un processus judiciaire est en cours. Nous ne commenterons pas», a indiqué Bruno Geoffroy par courriel.

Magdi Kamel, qui se fait aussi appeler Mike, était chargé des con­trats de rénovation et d’achats à l’Hôpital St. Mary’s. Il était responsable d’octroyer de nombreux contrats à des fournisseurs exter­nes de l’établissement.

Magdi Kamel
La résidence de l’ancien directeur des ressources matérielles de l’Hôpital 
St. Mary’s a été mise en vente il y a quelques semaines, avant de faire l’objet d’une saisie avant jugement. Elle a été récem­ment rénovée.
Photo d'archives

Appel d’offres annulé

Un des derniers appels d’offres qu’il a lancés avant de partir a été annulé. Le contrat visait l’aménagement d’un local de radiologie pour un montant dépassant 300 000 $.

Le plus bas soumissionnaire n’a appris qu’en juin que le contrat était annulé, sans précisions.

Magdi Kamel siégeait aussi au comité de vérification des finances de l’hôpital.

À ce titre, il approuvait les rapports financiers annuels et faisait le suivi des projets de construction.

L’établissement a demandé la saisie avant jugement au moment où la maison de son ancien cadre était en vente. La propriété, située rue Château-Kirkland, dans l’ouest de l’île, a été récemment rénovée, selon la fiche de vente. Magdi Kamel et sa conjointe avaient acquis la propriété pour 540 000 $ en 2011. Cinq ans plus tard, la propriété a été mise en vente pour 879 000 $.

Demandes à la banque

Selon nos informations, une offre d’achat avait été acceptée avant la saisie par l’hôpital. Il semble toutefois que cette dernière n’empêchera pas la transaction.

Selon les documents consultés par notre Bureau d’enquête, l’huissier a demandé à la Banque Royale une déclaration détaillée de tous les biens de Magdi Kamel en sa possession ainsi que des dettes qu’il avait envers elle. Malgré nos tentatives, il a été impossible de parler à ce dernier.


D’autres ex-cadres visés par la justice 

 

Ce n’est pas la première fois que des cadres d’hôpitaux font face à des démêlés judiciaires après leur départ.
 
En 2013, l’ancien directeur du redéploiement au Centre universitaire de santé McGill (CUSM), Yanai Elbaz, s’était fait réclamer plus de 2,6 M$ par le fisc pour des revenus non déclarés. À la suite du repor­tage de notre Bureau d’enquête, le CUSM avait également mandaté la firme Price Watherhouse Cooper pour vérifier une série de contrats octroyés au moment où Elbaz et un de ses adjoints, Dany Journo, étaient en poste. Ce rapport avait ensuite été transmis à l’UPAC.
 
Yanai Elbaz
La résidence de l’ancien directeur des ressources matérielles de l’Hôpital 
St. Mary’s a été mise en vente il y a quelques semaines, avant de faire l’objet d’une saisie avant jugement. Elle a été récem­ment rénovée.
Photo d'archives
 
Un an plus tard, ce fut au tour de deux cadres de l’Hôpital général juif de quitter leur poste après des révélations de liens très étroits avec certains fournisseurs. Les anciens cadres Philippe Castiel et Kotiel Berdugo font aujourd’hui face à une poursuite de 4,5 M$ intentée contre eux et contre certains fournisseurs, dont Gilbert Leizero­vici, son frère Alain et Anton Iancu. Un autre employé de l’hôpital, Jeffrey Fields, est aussi visé par le recours. Philippe Castiel a notamment eu recours aux services de Gilbert Leizero­vici pour faire des travaux à sa résidence personnelle, tout comme Kotiel Berdugo.
 
Philippe Castiel
La résidence de l’ancien directeur des ressources matérielles de l’Hôpital 
St. Mary’s a été mise en vente il y a quelques semaines, avant de faire l’objet d’une saisie avant jugement. Elle a été récem­ment rénovée.
Photo d'archives