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Le vote latino: un documentariste québécois s’intéresse aux élections américaines

Le vote latino: un documentariste québécois s’intéresse aux élections américaines
Photo courtoisie

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À moins d’une semaine des élections américaines, alors que Donald Trump rattrape Hillary Clinton dans les sondages, RDI présentera mercredi soir Le vote latino, un documentaire éclairant dans lequel le réalisateur québécois d’origine chilienne Orlando Arriagada fournit un aperçu des intentions de vote du plus important groupe ethnique aux États-Unis, celui qui pourrait faire pencher la balance mardi prochain.

Vous n’arrivez pas à comprendre pourquoi un Hispano-Américain voterait républicain après avoir entendu les déclarations incendiaires de Trump sur l’expulsion des immigrants illégaux et l’érection d’un mur longeant la frontière Mexique-États-Unis? Ce reportage d’une heure pour lequel Orlando Arriagada a parcouru 8000 km et visité 8 villes de 8 états différents fournit quelques pistes de réponses.

En Floride, un état majoritairement républicain, un électeur «indépendant» affirme que plusieurs républicains soutiennent leur parti de façon indéfectible, quitte à voter pour n’importe quel candidat. «Même si c’était Adolf Hitler le représentant, ils voteraient quand même pour lui», affirme cet observateur.

Quelques minutes plus tard, la déléguée républicaine de Miami, Jessica Fernandez, confirme implicitement cette théorie en allant jusqu’à remercier Trump d’avoir traité les Mexicains de criminels, de trafiquants de drogues et de violeurs. «Il a ouvert la porte à ces discussions sérieuses, dit-elle. À travers ses blagues et ses propos choquants, il nous a permis d’amorcer un dialogue.»

Au Texas, Yolanda Valdes, une médecin de San Antonio, déclare sans broncher qu’elle votera pour Trump parce qu’il l’amuse. «Très souvent, il a l’air de faire le clown, mais si vous écoutez vraiment ce qu’il propose, vous verrez, c’est valable», explique-t-elle.

Anti-Trump

Bien entendu, Le vote latino s’attarde au mouvement anti-Trump, un mouvement qui grandit aux États-Unis. Orlando Arriagada s’intéresse d’ailleurs aux efforts déployés pour inciter la communauté hispanique à voter, un défi de taille puisque côté taux de participation, cette dernière arrive loin derrière les autres groupes. En 2012, seulement 48 % des Latinos avaient voté, comparativement à 66 % des Afro-Américains et 64 % des Anglo-saxons, selon les chiffres révélés.

Sans censure

Fait à souligner, les intervenants du Vote latino s’expriment sans censure devant l’objectif d’Orlando Arriagada. Cette ouverture contribue au succès du documentaire. En entrevue au Journal, le réalisateur admet que ses origines chiliennes l’ont aidé à recueillir les confidences des participants.

«Quand j’arrivais sur place, les gens s’ouvraient à moi rapidement, parce qu’il y avait déjà un capital de sympathie», indique Orlando Arriagada, qui produit le film via Pimiento, sa boîte de production.

Ce climat de confiance pousse Erika Valencia, une fleuriste de Los Angeles opposée à Trump, à avouer qu’elle souhaite néanmoins la victoire du milliardaire pour «réveiller» la communauté hispanophone. Vous aurez du mal à garder votre calme devant sa rhétorique dangereusement hypothétique.

«On donne toujours les restes aux Latinos et ils acceptent, raconte-t-elle. Ils ne s’insurgeront pas tant que le gouvernement ne dépassera pas les limites qu’ils jugent acceptables. Avec Hillary, nous aurons encore des restes. Si elle gagne, ce sera toujours la même chose : le statu quo. Mais si Trump gagne les élections en étant aussi agressif et déstabilisateur, ça pourrait provoquer quelque chose. Une fois président, quand il commencera à appliquer ses lois, il y aura une réaction des minorités. Tous ceux qu’il a offensés vont se regrouper.»

  • ICI RDI présente Le vote latino mercredi à 20 h.