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Monsieur Angélil a eu l’hommage qu’il méritait

GALA 38E ÉDITION
DE L'ADISQ
Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean

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La barre était haute pour l’hommage à René Angélil, cette année au Gala de l’ADISQ.

Après le fiasco total de l’hommage à Dominique Michel, l’année dernière, les attentes étaient très élevées face aux organisateurs de la soirée. Il ne fallait pas qu’ils nous refassent le coup de l’hommage bon marché, pic pic, maladroit, bricolé avec des bouts de ficelle.

Mais ce n’est pas la seule raison pour laquelle mes attentes étaient élevées. Monsieur Angélil était un organisateur hors pair, un perfectionniste qui portait une attention maladive aux détails, qui ne laissait rien au hasard et qui ne supportait pas la demi-mesure. Pour lui rendre hommage, il fallait que le moment soit aussi fort que si c’était lui-même qui l’avait organisé. Pour honorer sa mémoire, il fallait que ce moment soit à la hauteur de sa réputation.

Heureusement, l’hommage au manager était juste, senti et émouvant. Le rappel de sa carrière en images et en chansons était parfait. René Simard et Ginette Reno étaient émus de dire un dernier au revoir à celui qui a été si important dans leur vie. Et quand Céline Dion a raconté ses valeurs de respect, de parole donnée, son amour des artistes, elle a réussi à mettre en mots tout ce qui faisait de René Angélil un être d’exception.

«Si vous n’avez qu’un seul enseignement à retenir de mon mari, c’est celui-ci: «On ne peut pas toujours être bon, il faut être bon quand c’est le temps», a rappelé Céline.

Et quand est venu «le temps» de chanter Avec le temps de Léo Ferré, elle était tout simplement parfaite. Celle qui a chanté sur scène à Las Vegas Ne me quitte pas de Jacques Brel a montré à nouveau qu’elle a tout ce qu’il faut pour interpréter avec intelligence et pureté les plus grandes classiques, les immortelles de la chanson française.

Comme le chantait Ginette, il y avait beaucoup de «cœurs en convalescence» sur scène.

Monsieur Angélil était un gentleman. Hier soir, il a eu droit à un hommage de grande classe.

VRAIMENT, LOUIS-JOSÉ ?

Non, hier soir, le malaise n’est pas venu du prix honorifique.

Il est venu quand Louis-José Houde s’est permis de faire une blague poche au sujet de La Voix Junior. Sérieux? Envoyer une coche à l’émission vedette du compétiteur TVA? Évoquer avec sarcasme «des enfants qui ne garderont aucune séquelle psychologique après un rejet devant deux millions de personnes» c’est assez ordinaire. Surtout quand on accompagne ça d’un gros plan sur une des coachs de La Voix Junior, Marie-Mai, qui était dans la salle.

COUP DE CŒUR

Les 2Frères sont mon méga coup de cœur de l’année. Quand ils ont chanté pendant le numéro d’ouverture, ils avaient l’air de deux enfants lâchés lousse dans un magasin de bonbons. Dire qu’il y a seulement douze mois, on ne savait même pas qu’ils existaient. Et 80 000 albums vendus plus tard ils sont en nomination à l’ADISQ. Quand ils ont remporté leur Félix pour le meilleur album pop de l’année, ils avaient vraiment l’air contents, surpris. En voilà deux qui ne seront jamais blasés, j’ai l’impression.

COUP DE GUEULE

Je comprends que tous les musiciens ne sont pas des cartes de mode. Mais porter un jeans, un t-shirt, une petite jaquette de laine grise, et des sneakers blancs noircis par la saleté à un gala, c’est très ordinaire. J’adore la musique de Safia Nolin, mais se mettre du linge propre pour se montrer devant des centaines de milliers de gens, est-ce vraiment trop demander?