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Projet de loi 62 : incompétence crasse!

Projet de loi 62 : incompétence crasse!
Photo Le Journal de Québec, Simon Clark

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Incapable de produire un projet de loi cohérent et cohésif  au regard du vivre-ensemble, les libéraux ajoutent à la turpitude en haussant les seuils d’immigration. Le passage de Stéphanie Vallée à la justice ne marquera pas l’histoire du Québec à moins que nous voulions créer un panthéon des ministres les plus insipides.

À la décharge de la ministre Vallée, nous devons ajouter que sa collègue à l’Immigration, Kathleen Weil, n’a guère été plus reluisante avec  ses projets de loi touchant les employés de l’État et les accommodements raisonnables lors de l’ère Charest. Encore aujourd’hui, elle récidive dans la bêtise en haussant les seuils d’immigration malgré les nombreuses carences constatées eu égard à l’intégration des nouveau arrivants tant au plan économique qu’au plan social.

Presque 10 ans après les travaux de la Commission Bouchard-Taylor (du nom des co-présidents), officiellement Commission de consultation sur les pratiques d’accommodement reliées aux différences culturelles, le Québec demeure dans la brume en matière de laïcité et d’accommodements raisonnables. Les libéraux semblent incapables de manœuvrer adéquatement avec cette question délicate et les péquistes ont pourri le dossier en voulant en faire une arme électorale et en étirant la sauce dans une commission parlementaire qui s’est quasi transformée en « freak show ».

Signe des temps, Gérard Bouchard, l’un des co-présidents de la Commission, a refusé de participer au processus de consultation en commission parlementaire sur le projet de loi 62 en invoquant qu’il avait tout dit ce qu’il avait à dire sur le sujet. C’était peut-être sa façon de dire à la ministre qu’elle fait preuve d’ignorance en matière d’accommodements raisonnables et qu’elle devrait lire son rapport au lieu de présenter un projet de loi aussi vide.

L’ex-députée libérale, Fatima Houda-Pépin, n’y est pas allée avec ménagement pour tailler en pièce le projet de la ministre qui n’a rien su faire d’autre que de se cacher derrière les juristes qui avaient rédigé le projet de loi. En agissant ainsi, Stéphanie Vallée démontrait son incapacité à assumer un leadership dans le dossier et à faire part de sa propre vision politique.

Autant la charte des péquistes allait trop loin pour plusieurs autant il s’en trouve pour dire que le projet de loi 62 des libéraux ne va nulle part. Le compromis pourrait se retrouver dans les propositions d’amendements de la CAQ au projet de loi du ministre Drainville. Ces amendements étaient d’ailleurs largement inspirés du rapport Bouchard-Taylor.  Il serait surement temps de mettre de côté la partisannerie et de tracer une ligne qui sera le fruit d’un plus large consensus au sein de la société québécoise.