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Le chef affirme qu’il n’était pas au courant

FD-PICHET-EXPLICATIONS
Photo Agence QMI, Maxime Deland Le chef de la police de Montréal a défendu, hier, la décision d’espionner un journaliste, assurant que les règles ont été suivies.

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Pressé de questions, le chef de la police de Montréal Philippe Pichet a dû avouer lundi qu’il ne pouvait écarter que d’autres journalistes puissent être traqués par ses policiers.

«Pas à ma connaissance (...). Je ne peux l’exclure», s’est-il borné à répéter à quelques reprises, avant de fuir rapidement la salle du quartier général, où il tenait une conférence de presse.

Le directeur Pichet réagissait alors au tollé soulevé par le fait que le SPVM ait espionné les communications du chroniqueur de La Presse Patrick Lagacé dans le cadre d’une enquête interne visant un policier.

Curieusement, même si l’affaire avait retenu l’attention toute la journée – tant auprès des élus à Québec qu’à Ottawa – ce dernier a seulement pu dire que des «vérifications étaient toujours en cours» pour savoir si d’autres journalistes étaient sous surveillance ou l’avaient déjà été.

Exception

M. Pichet a toutefois martelé que les mandats pour épier un journaliste relevaient de l’exception.

«Je me suis assuré qu’on suive les règles», a-t-il insisté. Mais à la question de savoir quelles sont ces règles, le chef de police est cependant resté muet.

«Cette enquête visait un de nos policiers et ne visait pas le journaliste», a-t-il ajouté, précisant qu’on voulait faire la lumière sur les allégations criminelles visant un policier.

Il a aussi rappelé que les 24 mandats obtenus pour fouiller les registres du téléphone du journaliste et sa localisation GPS avaient été autorisés par un juge. Selon M. Pichet, lors d’une situation «exceptionnelle», la traque d’un journaliste est un «outil» que les policiers peuvent choisir d’utiliser.

À savoir qui prend ces décisions, le directeur a soutenu que les enquêteurs s’assurent au cas par cas de prendre «tous les outils à leur disposition».

«Je suis très sensible à ce qui se passe en ce moment», a-t-il glissé, laissant les journalistes qu’il avait lui-même conviés avec plus de questions que de réponses.