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Les Québécois craignent les OGM

Un sondage montre que 82 % des gens pensent qu’il est important d’étiqueter les aliments qui en contiennent

Thibault Rehn, de Vigilance OGM, montre des pommes Délicieuse jaune, dont une variété génétiquement modifiée a été approuvée.
Photo MARIE-ÈVE DUMONT Thibault Rehn, de Vigilance OGM, montre des pommes Délicieuse jaune, dont une variété génétiquement modifiée a été approuvée.

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Une majorité de Québécois craignent que les OGM affectent leur santé et réclament des étiquettes qui indiquent si leurs aliments en contiennent, rapporte un sondage du gouvernement.

«C’est normal que les gens n’aient pas confiance aux OGM, comment voulez-vous avoir confiance quand on vous les cache?» insiste Thibault Rehn, coordonnateur de l’organisme Vigilance OGM.

Il y a donc 82 % des Québécois qui pensent qu’il est assez important ou très important d’étiqueter les aliments contenant des organismes génétiquement modifiés (OGM). Près de 59 % des répondants considèrent que les OGM présentent un risque pour la santé.

C’est ce qui ressort d’un sondage mené en début d’année pour le compte du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ).

Ces données montrent l’aversion des Québécois envers les OGM et s’allient aux résultats obtenus lors d’un sondage semblable de Santé Canada, qui montraient que 78 % des répondants canadiens appuient l'étiquetage.

La viande aussi

Les préoccupations des consommateurs semblent aussi celles du ministre du MAPAQ, Pierre Paradis, qui en a fait sa priorité.

Ce dernier a confirmé, lors de la première rencontre préparatoire au Sommet de l’alimentation, il y a moins de deux semaines, qu’il déposerait prochainement un projet de loi inspiré de ce qui a été fait au Vermont.

Par ailleurs, M. Rehn croit que le Québec pourrait aller encore plus loin en n’étiquetant pas seulement les produits transformés et les produits en vrac, mais aussi la viande et le lait.

«Un agriculteur qui nourrit une vache et un bœuf avec de la moulée devrait pouvoir savoir si elle contient des OGM, et le consommateur aussi», insiste-t-il.

Le fédéral a aussi fait un pas en avant puisqu’un projet de loi privé sur l’étiquetage a été déposé cet été par le député néo-démocrate Pierre-Luc Dusseault.

«On voudrait un étiquetage clair et précis sur le produit qui serait uniforme partout au Canada. Les consommateurs veulent savoir ce qui se trouve dans leur assiette», insiste M. Dusseault, dont le projet de loi devrait être débattu devant la Chambre en février.

L’industrie serait d’ailleurs plus ouverte à une législation canadienne que de devoir changer leur étiquette seulement pour le Québec. L’entreprise Campbell’s, qui affiche la présence des OGM sur ses produits aux États-Unis, s’est montrée ouverte à collaborer avec les agences de réglementation canadienne, dans une lettre envoyée au ministre Paradis, dont Le Journal a obtenu copie.

Le Conseil de la transformation alimentaire du Québec (CTAQ) souhaiterait d’ailleurs que tous les changements se fassent du même coup puisque le fédéral songe aussi à bannir les gras trans.

«On n’est pas défavorable au principe, mais on a vu au Vermont que les commerces n’étaient pas très outillés pour mettre en place la loi. Dans le doute, il fallait inscrire que le produit pouvait contenir des OGM. Je ne suis pas certain que ça aide réellement le consommateur à être informé», insiste Pierre-Alexandre Blouin, de l’Association des détaillants en alimentation du Québec.

Il a été impossible de joindre le ministre Pierre Paradis mardi.

Les OGM

64 pays dans le monde étiquettent les OGM sur leurs aliments

99 % de la culture d’OGM dans le monde se fait dans le soya, le maïs, le canola, le coton et la betterave sucrière

85 % des OGM commercialisés dans le monde sont utilisés pour résister à un herbicide, dont le Roundup contenant du glyphosate

Deux variétés de pommes génétiquement modifiées ont été autorisées au Canada, mais pas encore commercialisées.

  • La Granny Smith
  • La Délicieuse jaune

L’objectif? Empêcher le brunissement des pommes lors du contact avec l’air

Le premier saumon génétiquement modifié a aussi été approuvé au Canada, mais n’est pas encore sur les tablettes.