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Journalistes épiés par la police: nouvelle onde de choc à l’Assemblée nationale

Lisee Bergeron
Photo Simon Clark Le chef péquiste Jean-François Lisée et le porte-parole péquiste en matière de Sécurité publique, Stéphane Bergeron.

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Les partis d’opposition à Québec s’inquiètent d’apprendre qu’en plus du SPVM, la SQ a aussi épié des journalistes – dont au moins un du Journal de Montréal – et pressent le gouvernement d’en faire davantage afin de protéger la liberté de presse.

Pour le Parti québécois, la Coalition avenir Québec et Québec solidaire, les nouvelles révélations à l’effet que la Sûreté du Québec a également épluché les registres téléphoniques d'au moins six autres journalistes afin d’identifier leurs sources confirment plus que jamais que les mesures annoncées mardi par le gouvernement Couillard sont insuffisantes.

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, n’avait pas encore réagi à ces nouvelles informations au moment d’écrire ces lignes. Il devrait faire le point vers 18h, au parlement.

Il a toutefois dû défendre, mercredi matin, l’indépendance du processus d’inspection annoncé la veille. Rappelons que son ministère doit entreprendre, auprès des trois principaux corps policiers, une vérification sur les procédures existantes pouvant viser des journalistes.

«L’inspection, ce n’est pas fait par des policiers sur des policiers, l’inspection est faite par les autorités du ministère de la Sécurité publique», a fait valoir le ministre Coiteux, lors d’une mêlée de presse en marge du caucus libéral.

La crise prend de l’ampleur

C’était toutefois avant d’apprendre que la Sûreté du Québec, qui relève de son propre ministère, s’est aussi lancée dans une chasse aux sources en surveillant les registres téléphoniques de journalistes.

Le député caquiste Simon Jolin-Barrette a qualifié les mesures mises de l’avant jusqu’à maintenant par le gouvernement de «patente à gosse». Selon lui, les plus récentes informations démontrent la nécessité d’une enquête publique en lieu et place du groupe d’expert annoncé mardi.

Le porte-parole péquiste en matière de Sécurité publique, Stéphane Bergeron, a assuré qu’il ignorait que des journalistes étaient épiés par la police à l’époque où il était lui-même ministre de la Sécurité publique, en 2013.

«C'est une initiative que je n'aurais jamais autorisée, et c'est une initiative dont je n'ai jamais été informé avant», a dit M. Bergeron, qui a effectué en fin d'après-midi une sortie aux côtés de son chef, Jean-François Lisée.

«La Sûreté du Québec parle au pouvoir», a déploré à son tour le député de Québec solidaire, Amir Khadir, qui souhaite que les nominations à la tête de la Sûreté du Québec soient désormais confiées à l’Assemblée nationale plutôt qu’au gouvernement.

«On parle d’une police qui malheureusement est politique depuis très longtemps», a dit le député de Mercier.

L'autonomie des municipalités

La Coalition avenir Québec a réclamé une fois de plus, mercredi, la démission du chef de police du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Philippe Pichet. Le Parti québécois propose toujours qu’il soit plutôt suspendu temporairement.

Au nom de l’autonomie qu'il souhaite conférer aux municipalités, le gouvernement Couillard a préféré s’en remettre aux élus de la Ville de Montréal en ce qui concerne la direction du SPVM.

«C'est à leur niveau que se situe la première responsabilité, c'est là qu'elle va s'exercer, et c'est bon qu'il en soit ainsi», a signalé en chambre le premier ministre Philippe Couillard. Le maire de Montréal, Denis Coderre, a plus tard réitéré sa confiance envers son chef de police.