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Un laxisme de haut «niveau»...

On a eu l’impression que le nez du chef du SPVM Philippe Pichet allongeait lorsqu’il s’est adressé à nous lundi, en disant qu’il n’en savait guère plus.
Photo d'archives On a eu l’impression que le nez du chef du SPVM Philippe Pichet allongeait lorsqu’il s’est adressé à nous lundi, en disant qu’il n’en savait guère plus.

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Les déclarations des uns et des autres révèlent bien peu des origines de la magouille qui a rendu la police de Montréal mondialement célèbre lundi.

Celles du futur chef démissionnaire de la police de Montréal, Philippe Pichet, ont été emberlificotées à souhait.

On a seulement compris que ses subalternes avaient respecté les règles de l’art policier. Que la hiérarchisation des pouvoirs politique, judiciaire et policier permettait l’abus dont ont été victimes des journalistes de Montréal, en particulier le chroniqueur Patrick Lagacé.

«On a suivi toutes les règles», a lancé le chef Pichet en ajoutant, pendant que son nez allongeait, qu’il n’en savait guère plus...

Coderre

Le maire Coderre non plus ne savait pas ce qui se passait. Il ne veut pas le savoir. Enfin, c’est ce qu’il dit... Il y a une «procédure au niveau des enquêtes policières», a-t-il déclaré.

Mais à quel «niveau» se voit-il lui-même? Peut-être dans une cinquième dimension avec le ministère de la Justice.

On sait toutefois que la liberté de presse, un des aspects les plus précieux de la démocratie, faisait l’objet d’un banal huis clos entre des policiers et des bureaucrates devenus juges pour services rendus...

Ils faisaient leurs petites affaires en toute quiétude et les mandats d’espionnage, en veux- tu, en v’là, étaient émis à la douzaine!

Le scandale est total, mais, comme en d’autres circonstances, les responsables sont planqués. Le chef de police gigote et parle de «vérification» tandis que le maire fait la génuflexion devant la «procédure».

On devine la suite: dans quelque temps, on apprendra que des officiers sont partis à la retraite. Cet hiver, ils seront à Fort Lauderdale, un plat de crudités sur la bedaine comme Johnny Lavallée...

Mesures

Mardi, le gouvernement Couillard a paru nettement plus intéressé par l’avenir que par le passé. Remarquez que la prudence s’impose quand, d’un quartier général à l’autre, les scandales se suivent. Et que des enquêtes visant des ripoux risquent de capoter.

De la première initiative gouvernementale, on peut conclure que le scandale qui secoue le SPVM aurait pu être évité si les juges de paix avaient dû se référer au Directeur des poursuites criminelles et pénales avant d’émettre un mandat d’écoute électronique. Ce sera fait désormais.

C’est ainsi que l’on procède, prudemment, avec les avocats, les juges et les députés de l’Assemblée nationale. Les journalistes, généralement vus comme des pékins emmerdants, n’avaient pas droit à la même considération.

Enfin, un comité d’experts tiendra une commission parlementaire sur le «processus» en cause et une «inspection» des pratiques courantes sera faite. D’autres balises seront sans doute imposées aux policiers.

Tout ça m’a ramené un souvenir qui donne à réfléchir. La défunte députée Sylvie Roy m’avait un jour confié ceci:

«J’ai reçu un courriel d’un ex-policier de la SQ ce matin. J’ai voulu le relire tantôt, mais il avait disparu. Je l’ai rappelé, il m’a dit qu’il l’avait effacé à distance. Il n’a jamais voulu me dire comment cela était possible»...