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Fabritec hausse son salaire minimum à 15 $

Fabritec hausse son salaire minimum à 15 $
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Fabritec n’attend pas la fin des débats sur la hausse du salaire minimum à 15 $ au Québec pour décider si c’est bien ou pas: le fabricant d'armoires de cuisine et de salle de bain, installé à Bromont, offre un salaire à l’entrée de 15 $ l’heure, et ce, après douze mois de travail.

«On passe de 11 $ à 13,50 $ lors de l’embauche, puis après six mois, à 14 $, et après 12 mois, à 15 $», dit Nadia Bourgeois, vice-présidente administration de Fabritech, qui a pris les rênes de l’entreprise familiale, fondée il y a 33 ans par son père.

Les salaires des 460 employés de l’usine de Bromont, située dans l’ancienne usine Hyundai, vont être majorés, pour suivre l’échelle salariale. «Avec la nouvelle convention collective, environ 75 % de nos employés vont recevoir une augmentation substantielle», dit Nadia Bourgeois, soit entre 1 $ et 4 $ de l’heure. Ce sont ceux qui gagnaient moins de 15 $ l’heure.

Il y aura cinq autres ajustements à la hausse, jusqu’en novembre 2019.

Une vive concurrence

Fabritec veut ainsi remercier ses employés, sans qui le succès ne serait pas au rendez-vous, dit Nadia Bourgeois. «Nous voulons partager avec nos employés. L’entreprise reconnaît que c’est l’engagement et le dynamisme de son équipe qui lui ont permis d’être aujourd’hui l’un des manufacturiers québécois avec la plus forte croissance.»

Cent cinquante postes sont en effet à combler: des opérateurs, des ingénieurs, des techniciens, etc. «Cette croissance va se poursuivre dans les prochains mois, dit Nadia Bourgeois. Et hausser notre salaire d’entrée va rendre le recrutement plus facile.»

C’est que Fabritec n’est pas seule: elle partage son espace, dans le technoparc de Bromont, avec les usines de IBM et de GE pour ne nommer que ces deux-là. «On doit faire face à des géants. Ils ont des salaires de base assez élevés.»

Il n’y a pas une manufacture qui a de la facilité à recruter par les temps qui courent, dit-elle, et un meilleur salaire est un bon incitatif.

Même si la marge de profit peut être diminuée par cette augmentation importante de la masse salariale, Nadia Bourgeois mise sur une meilleure rétention de sa main-d’œuvre pour compenser. «Oui cette hausse des salaires aura un impact, mais Fabritec est rentable. Et nos employés vont rester plus longtemps.»

Former les gens

Cette rétention est d’autant plus importante que Fabritec forme une bonne partie de sa main-d’œuvre.

L’entreprise a toujours embauché des gens peu expérimentés, souligne Nadia Bourgeois, dont elle a assuré elle-même la formation. «On est ouvert à tous, sans diplôme, sans formation. On cherche des gens qui veulent travailler dans un environnement dynamique, et qui sont stimulés par les défis. Nous avons plusieurs exemples d’employés sans expérience qui ont gravi les échelons et qui occupent aujourd’hui un poste de gestionnaire», ajoute Mme Bourgeois.

L’usine de Bromont est la plus automatisée en Amérique du Nord, avec une capacité de production de plus de 32 000 caissons par semaine. Ses armoires de cuisine et de salle de bain, d’entrée de gamme à moyen de gamme, sont principalement distribuées à travers les magasins à grande surface, comme Home Dépôt, Rona, Réno Dépôt ou Walmart.

Fabritec possède aussi une usine à Mont-Joli, mais plus modeste: elle emploie quelque 70 personnes. Nadia Bourgeois ne peut dire pour l’instant si elles auront aussi de substantielles hausses salariales.