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Surveillance policière: une source parle de ses craintes

André Durocher
Photo d'archives André Durocher

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Une des principales sources ayant servi à déclencher la commission Charbonneau dit que la surveillance policière des journalistes va nuire au dévoilement d’autres scandales.

«J’ai été tellement surpris et je me suis mis à repenser à toutes les choses très personnelles que j’ai dites aux journalistes. Qu’est-ce qui me dit que nous n’étions pas sur écoute?» s'est interrogé André Durocher, entrepreneur à la semi-retraite. Le dévoilement d’une chasse aux sources journalistiques l’a secoué.

Il a été l'un des premiers à s'adresser aux journalistes pour dénoncer des situations de corruption et de collusion dans l’industrie de la construction. En 2009, il avait témoigné, la voix modifiée et caché derrière un paravent, à l’émission Enquête de Radio-Canada. Il s’était confié au micro du journaliste Alain Gravel.

Depuis le début de la semaine, les révélations s'accumulent à propos de journalistes surveillés par la police qui souhaite trouver leurs sources anonymes. Le SPVM a étudié les registres téléphoniques du chroniqueur de La Presse Patrick Lagacé, mais aussi de Félix Séguin, qui fait partie de notre Bureau d’enquête, de Monic Néron, qui travaille au 98,5 FM, et du journaliste indépendant Fabrice Pierrebourg. La Sûreté du Québec avait fait de même en 2013 concernant six autres journalistes, incluant Alain Gravel de la SRC et Éric Thibault du Journal de Montréal.

«Du monde comme moi, ça ne partira pas à la course pour dénoncer demain matin, après une affaire comme ça. On va toujours se demander si on est surveillé», a dit André Durocher, qui a finalement divulgué son identité quatre ans plus tard.

L’entrepreneur ne s’est jamais retenu de dénoncer des situations qu’il jugeait inadmissibles. Maintenant, les choses seront différentes, croit-il.

«Je vais toujours avoir ça en tête. Ça va changer le type d’information que je vais pouvoir donner», a-t-il dit.

Ces révélations «troublantes» risquent de rendre le dévoilement d’information aux journalistes beaucoup plus compliqué, estime André Durocher.

«Je vais juste pouvoir le faire en personne. Je n’ai aucun intérêt à le faire si je n’ai pas la garantie que nous ne sommes pas sur écoute», a-t-il dit.


 

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