/news/currentevents
Navigation

Le milieu journalistique craint un climat de peur chez les sources

Selon des experts, le téléphone des journalistes pourrait moins sonner

Coup d'oeil sur cet article

Un climat de peur pourrait se créer chez les sources à la suite des nombreuses révélations de surveillance policière dans les téléphones des reporters, déplore le milieu journalistique.

«On craint que le public et les divulgateurs prennent peur et arrêtent de contacter les journalistes, a dit Benoîte Labrosse, secrétaire-trésorière de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec. C’est le public qui sera encore perdant et qui sera laissé dans la noirceur.»

Photo courtoisie

Surveillance

En début de semaine, La Presse révélait que son chroniqueur Patrick Lagacé avait fait l’objet d’une étroite surveillance de la police de Montréal dans le cadre d’une évidente chasse aux sources journalistiques. On a aussi révélé que les registres téléphoniques de trois reporters avaient également été étudiés, soit Félix Séguin, de notre Bureau d’enquête, Monic Néron, du 98,5 FM et le journaliste indépendant Fabrice de Pierrebourg. La Sûreté du Québec a épié les téléphones de six journalistes en 2013, a-t-on aussi appris hier.

«Le journalisme, c’est un service public à la population. Il sert à surveiller et quand on y fait entrave, c’est directement la population que ça affecte», a déploré Pascale St-Onge, présidente de la Fédération nationale des communications.

Photo Twitter

La FPJQ constate que ce sont essentiellement des journalistes d’enquête qui sont concernés.

Gros dossiers

«Les sources de ces gens-là concernent de gros dossiers, a dit Benoîte Labrosse. On n’a qu’à penser aux scandales de la construction et des commandites. Ce sont des cas extrêmes. S’il n’y avait pas eu de sources internes, on n’aurait jamais trouvé».

La FNC s’inquiète aussi de l’effet qu’aura cette révélation sur le travail des journalistes.

«Ce n’est pas anodin que ce soit des journalistes d’enquête qui sont visés. Ils débusquent les scandales de corruption et de collusion. Ils fatiguent la police et le gouvernement», a soutenu Pascale St-Onge, présidente de la FNC.

«Tout ça pourrait refroidir certaines personnes de parler, des gens qui auraient voulu le faire et qui ne le feront pas», a-t-elle dit.