/opinion/columnists
Navigation

Les policiers se croient-ils tout permis?

Les policiers se croient-ils tout permis?
Photo d'archives

Coup d'oeil sur cet article

Ainsi, le SPVM n’est pas seul en cause.

La SQ aussi a espionné des journalistes et obtenu secrètement copie de leurs registres téléphoniques.

Ben coudonc.

Il y a vraiment quelque chose de pourri au Royaume du Québec.

UNE CULTURE DU VIOL

Dans le jargon policier, on appelle ça «colmater les fuites».

Traduction: «Faites ce que vous avez à faire, prenez tous les moyens à votre disposition, mais trouvez-moi le tabarnac qui parle aux journalistes pour qu’on lui ferme la gueule au plus sacrant.»

Que les patrons d’une entreprise essaient de savoir lequel de leurs employés coule des informations confidentielles aux journalistes est une chose.

Mais on parle de la police, ici.

Les représentants de la loi et l’ordre. «Les gardiens de la démocratie, les derniers remparts contre la barbarie et l’anarchie.»

Wow. J’avoue que les bras m’en tombent.

Après le SPVM, la SQ.

On est en droit de parler de «culture».

La culture du viol... de la vie privée. La culture du viol... de la liberté de presse.

On est la police, donc on a tous les droits.

Ça fait combien de temps que ça dure? Depuis combien de temps les forces policières utilisent-elles ce genre de méthodes hautement discutables pour protéger leur image?

Combien de journalistes ont fait l’objet de telles «attentions»?

Quelque chose me dit qu’on vient juste de gratter la surface de ce scandale. On va aller de surprise en surprise.

PISSER DANS L’OREILLE

Une idée pour l’équipe du Maclean’s: après Le Québec, la province la plus corrompue au pays, Les forces policières les plus immorales au pays.

Cette fois-ci, on ne vous critiquera même pas.

On va être d’accord avec vous.

Je comprends que les policiers ont un devoir de réserve, qu’ils ne sont pas censés refiler des informations «sensibles» aux journalistes.

Mais justement...

Si des policiers – qui, comme nous le savons tous, ont tendance à se serrer les coudes – en viennent à «pisser» dans l’oreille de certains journalistes, c’est peut-être parce que quelque chose ne tourne pas rond chez eux, non?

Au lieu de partir à la chasse aux méchants «délateurs» présents dans leurs rangs, les directeurs de police devraient plutôt se demander pourquoi diantre certains de leurs agents ont préféré se pincer le nez et parler à des journalistes plutôt que de respecter la loi de l’omertà qui règne habituellement dans les forces, qu’elles soient militaires ou policières...

Le problème n’est pas qu’un policier ait parlé à un journaliste, c’est la situation qui a amené ce policier à parler à un journaliste.

DES MESURES ESTHÉTIQUES

Ce qui est arrivé est grave. Très grave.

Et ça va prendre plus qu’une poignée de «mesures» rédigées en catimini sur le coin d’une table pour venir à bout de cette culture de l’impunité qui semble régner dans nos forces policières.

Au moins, si les hauts gradés de la police avaient agi ainsi pour protéger la sécurité des gens, on pourrait en débattre, peser le pour ou le contre.

Même pas.

C’était juste pour protéger leur image.

C’est honteux.

Honteux et scandaleux.