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Une menace claire pour les sonneurs d’alarme, dit Snowden

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Photo AFP Edward Snowden, lanceur d’alerte

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La surveillance policière dont ont fait l’objet au moins 10 journalistes québécois dans les dernières années représentent les agissements d’une société «antidémocratique» et «autoritaire», a déclaré le lanceur d’alerte et fugitif américain Edward Snowden, hier.

«On voit que même la police locale peut décider qu’elle n’apprécie pas les reportages d’un journaliste, et un juge peut lui donner tous les moyens d’obtenir l’information sur qui il appelle, où il se trouve», a dit M. Snowden, en vidéoconférence devant un auditorium complet de l’Université McGill, hier soir.

Révélations

Il y a environ trois ans, l’informaticien américain s’est fait connaître en révélant au grand jour les pratiques de surveillance de masse de la National Security Agency (NSA).

Le film américain Snowden, paru cette année, revient d’ailleurs sur l’histoire de ses révélations. Cela pose une menace claire pour les personnes qui, comme lui, veulent dénoncer les abus commis par les gouvernements, a-t-il avancé.

«Notre habilité à résister à l’abus gouvernemental n’a jamais été aussi réduite qu’à notre époque», a-t-il dit.

Le critique de la surveillance de masse, qui habite aujourd’hui Moscou, a souligné que de nombreuses questions demeurent entières sur la manière dont les corps policiers ont justifié leurs actions.

Des preuves

«Nous avons des preuves que [la surveillance] a été faite, mais on ne sait toujours pas selon quelle autorité. Nous ne pouvons que faire des hypothèses. Est-ce justifié par la loi C-13 [pour lutter la cyberintimidation]? C-51 [contre le terrorisme]? Nous ne savons pas ce que la police a demandé [au juge], derrière le rideau», a-t-il soulevé.

Selon lui, les journalistes sont essentiels pour restaurer la confiance du public envers le gouvernement.

«Au lieu de faire moi-même les révélations, j’ai décidé de fournir toute l’information aux journalistes, a-t-il rappelé. Je voulais que ces journalistes parlent avec leur gouvernement, pour que les dirigeants aient des comptes à rendre en matière de surveillance.»