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Clinton Rattrapée par les scandales et les enquêtes

Certains ont même remis en question la capacité à gouverner de la candidate démocrate

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La campagne présidentielle n’a pas été de tout repos pour la candidate démocrate Hillary Clinton, même si les frasques de son adversaire Donald Trump ont davantage retenu l’attention chez nos voisins du Sud et un peu partout dans le monde. Le parcours de l’ex-première dame des États-Unis a aussi été parsemé d’embûches, dont certaines ont remis en question sa capacité à diriger le pays de l’oncle Sam. En voici quelques exemples.

 

Des fuites embarrassantes sur Wikileaks

Le site Wikileaks s’amuse à publier au compte-gouttes des informations qui pourraient mettre la candidate démocrate dans l’embarras. Issues de ses controversés courriels, d’ententes diverses ou de conversations enregistrées, ces révélations permettent aux opposants de Clinton de fourbir leurs armes. Voici quelques exemples tirés du top 15 du site MostDamagingWikileaks.

  • Hillary Clinton aurait reçu et envoyé de l’argent à des nations qui financent l’État islamique, en toute connaissance de cause.
  • Il semblerait aussi que l’équipe de campagne de la candidate démocrate ait payé des agitateurs pour qu’ils fassent du grabuge dans les rassemblements de Donald Trump afin d’influencer l’opinion publique.
  • Il appert également que Hillary Clinton aurait toujours deux opinions sur un enjeu: une «politiquement correcte» et une autre «privée».
  • D’après The Observer, alors que la candidate démocrate tentait d’être réélue comme sénatrice en 2006, elle aurait déclaré à des membres de la presse juive que les États-Unis n’auraient pas dû mettre de la pression pour avoir des élections en Palestine. Autrement, il aurait fallu s’assurer de pouvoir déterminer qui gagnerait cette élection, a-t-elle ajouté.
  • Plus récemment, Wikileaks a mis au jour des courriels qui indiquent que Hillary Clinton a reçu à l’avance certaines questions posées lors du débat démocrate qui l’opposait à Bernie Sanders.

 

Trafic d’influence à la Fondation

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La fondation de la famille Clinton a été encensée pour son implication dans des programmes qui améliorent la vie des gens. Mais la Fondation Clinton a aussi été condamnée pour avoir servi de «caisse noire». Il semble que de nombreux donateurs proviennent de pays étrangers qui ne soutiennent pas tous les valeurs prônées en Amérique. Bien qu’il n’y ait pas de preuve que la candidate démocrate a tiré un salaire de sa fondation, elle aurait toutefois accepté de rencontrer certaines personnes intéressées à faire des affaires avec le Département d’État. Les échanges de courriels seraient nombreux entre les dirigeants de la Fondation Clinton et les assistants de l’ex-secrétaire d’État, laissant ainsi planer une apparence de conflit d’intérêts. Les partisans de Clinton soutiennent que ces allégations obscurcissent le bon travail de la Fondation alors que ses opposants affirment que l’accès à la secrétaire d’État était «monnayable».

 

Les partisans de Trump dans le « panier des déplorables »

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Insulter les partisans de Donald Trump — et environ 20 % des électeurs américains par le fait même — a été la «pire erreur de la campagne» d’Hillary Clinton, selon Libération. Lors d’une collecte de fonds à New York, le 9 septembre dernier, la candidate démocrate a affirmé qu’on pouvait mettre la moitié des partisans de son adversaire dans ce qu’elle appelle «le panier des déplorables». «Ils sont racistes, sexistes, homophobes, xénophobes, islamophobes», a soutenu Mme Clinton. Donald Trump a vivement réagi en soulignant que la candidate démocrate était «tellement insultante» envers ses partisans qui sont en fait «des millions de gens incroyables qui travaillent fort». Il n’en fallait pas plus pour que le mot-clic #BasketOfDeplorables devienne viral sur Twitter, le lendemain matin. Hillary Clinton s’est ensuite excusée pour ses propos, en précisant qu’elle avait «généralisé grossièrement, ce qui n’est jamais une bonne chose».

 

Mort de quatre diplomates en Libye

Une élue discute devant le comité de la Chambre des représentants chargé d’enquêter sur Benghazi. Devant elle, une pile de courriels de Clinton liés à la Libye.
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Une élue discute devant le comité de la Chambre des représentants chargé d’enquêter sur Benghazi. Devant elle, une pile de courriels de Clinton liés à la Libye.

La mort de quatre diplomates américains — dont l’ambassadeur des États-Unis — en Libye lors d’une attaque terroriste le 11 septembre 2012 est une autre épine dans le pied de la candidate démocrate. Alors qu’elle était secrétaire d’État, Hillary Clinton avait d’abord soutenu qu’il s’agissait du résultat d’une émeute, mais elle a ensuite dû avouer qu’elle savait que le consulat américain à Benghazi avait été la cible d’Al-Qaïda. L’ambassadeur Chris Stevens avait d’ailleurs émis des inquiétudes concernant sa sécurité des mois avant sa mort. C’est à la secrétaire d’État que revenait la responsabilité de protéger le personnel américain à l’étranger. Or, le nombre d’agents de sécurité œuvrant dans les ambassades américaines en Libye avait été considérablement réduit, un mois avant l’attentat. Hillary Clinton a reconnu avoir une part de responsabilité dans cette affaire. Elle a dû ensuite se défendre devant ses pairs, à Washington, à l’automne 2015.

 

Ses courriels scrutés par le FBI

Alors qu’elle était à la tête du Département d’État (entre 2009 et 2013), Hillary Clinton a envoyé des dizaines de milliers de courriels en utilisant un serveur privé installé à sa résidence de Chappaqua, dans l’État de New York. L’ancienne numéro trois du gouvernement Obama — après le président et le vice-président — a ainsi mis des informations classées confidentielles à risque d’être piratées. Cela n’aurait vraisemblablement pas été le cas si elle avait utilisé son courriel sécurisé «@state.gov». Le FBI s’est penché sur l’affaire l’été dernier et a identifié plus de 2000 courriels contenant du matériel sensible. Après enquête, le FBI a conclu que Mme Clinton avait été «extrêmement négligente», mais qu’elle n’avait enfreint aucune loi. La candidate démocrate s’est par la suite excusée, en affirmant qu’elle avait fait une erreur en n’utilisant pas deux courriels distincts pour son travail et ses affaires personnelles. La controverse a pourtant été ravivée la semaine dernière, lorsque le directeur du FBI, James Comey, a affirmé que les enquêteurs allaient examiner une autre série de courriels retrouvés dans un ordinateur partagé par Huma Abedin, une assistante proche de Clinton, et son ex-mari, Anthony Weiner. Les courriels ont été découverts dans la foulée d’une enquête sur Weiner, qu’on soupçonne d’avoir échangé des textos à caractère sexuel avec une adolescente de la Caroline du Nord.

 

Sa santé chancelante

La santé de la candidate démocrate de 69 ans a aussi souvent fait les manchettes. Donald Trump, lui-même âgé de 70 ans, a martelé que Hillary Clinton n’avait pas l’énergie nécessaire pour occuper la fonction présidentielle, notamment après le malaise qui l’a terrassée lors de la commémoration des attentats du 11 septembre, sur le site de Ground Zero. Après 90 minutes passées sous un soleil de plomb, la candidate démocrate a dû quitter la cérémonie avant la fin. Déshydratée, elle a subi un coup de chaleur. Elle avait de la difficulté à se tenir sur ses jambes au moment de monter dans le véhicule qui l’a amenée à l’appartement new-yorkais de sa fille Chelsea pour prendre du repos. Ses gardes du corps ont dû faire office de pilier pour soutenir Mme Clinton, une scène a été filmée par un ex-pompier qui assistait à la cérémonie. Après la diffusion de cette vidéo, la médecin personnelle de Mme Clinton a dû avouer qu’elle lui avait diagnostiqué une pneumonie 48 heures plus tôt, donnant ainsi des munitions à ceux qui accusent cette dernière de manquer de transparence. La candidate démocrate a été contrainte d’annuler un voyage de deux jours en Californie, le temps de prendre du repos.

Séquence de son malaise

 

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Capture d'écran YouTube

En quittant la cérémonie du 11 septembre, Mme Clinton a eu un malaise. Faible, elle s’est d’abord appuyée sur un pilier. Une femme de son entourage l’a aidée à marcher vers une voiture.

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Capture d'écran YouTube

Ses jambes se sont ensuite dérobées sous elle, si bien que ses gardes du corps l’ont attrapée.

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Plus tard en journée, elle a fait une apparition publique pour rassurer le public sur son état.

 

Sources: Washington Post, The Atlantic, New York Times, AFP, Yahoo News