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Québecor avait mis en garde la Sûreté du Québec

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Photo Agence QMI, Joël Lemay Michel Arsenault
Ex-président de la FTQ

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Québecor Média avait demandé dès septembre 2013 à la Sûreté du Québec de l’avertir si l’un de ses journalistes était espionné lors de l’enquête suivant les révélations explosives sur Michel Arsenault, mais le corps policier a ignoré cet avertissement.

«Nous craignons légitimement que, lors de cette enquête en cours, nos salles de presse et nos journalistes puissent être l’objet de perquisitions, d’ordonnances de communication ou d’autorisations d’interceptions de communications», écrivait le chef du contentieux de Québecor, Marc Tremblay, dans une lettre datée du 17 septembre 2013 à Mario Laprise, alors chef de la SQ.

La lettre faisait suite à un communiqué de presse publié le 10 septembre 2013 par le corps policier.

Allégations de fuite

La SQ disait avoir déclenché une enquête criminelle sur «les allégations de fuite qui auraient alimenté les articles parus au cours des derniers jours, sur l’écoute électronique dans le cadre du projet Diligence».

«Nous vous demandons [...] d’informer formellement toute autorité judiciaire à laquelle la Sûreté du Québec ou le DPCP, à qui la présente est aussi transmise, pourra soumettre de telles demandes que ces entreprises et leurs journalistes ont demandé à être entendus avant que l’autorité judiciaire se prononce sur leur octroi», poursuivait l’avocat de Québecor Média.

«Nous comprenons que notre demande est, de par sa nature, exceptionnelle, mais... les circonstances justifient amplement que nous puissions débattre devant un tribunal ou un juge toute mesure pouvant restreindre indûment l’exercice légitime de la liberté de presse et du journalisme d’enquête», est-il aussi écrit.

Commission d’enquête

Contacté hier, le porte-parole de la SQ, Guy Lapointe, a dit ne pas pouvoir dire quel suivi a été donné à la demande écrite de Québecor Média.

Il a dit ne pas pouvoir préciser non plus si l’autorisation pour l’interception des appels de six journalistes a été demandée à un juge par la SQ avant ou après la réception de la lettre.

«Une commission d’enquête a été ordonnée [sur l’espionnage de journalistes], donc je ne peux pas commenter», nous a-t-il répondu.