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«Ce n’est pas la faute du serpent»

Noah et Connor Barthe ont-ils été victimes d’un crime ou d’une simple erreur d’un propriétaire de serpent? C’est maintenant au jury d’en décider.
Photo d'archives Noah et Connor Barthe ont-ils été victimes d’un crime ou d’une simple erreur d’un propriétaire de serpent? C’est maintenant au jury d’en décider.

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CAMPBELLTON | En ayant omis de replacer le couvercle de la bouche d’aération du vivarium, ce qui a permis à son serpent de tuer deux enfants, Jean-Claude Savoie a commis un crime et non une erreur, estime la Couronne.

Dans sa plaidoirie, le procureur de la Couronne, Me Pierre Roussell, a insisté sur le fait que ce n’était pas la première fois que le couvercle tombait et que le serpent se faufilait dans le conduit d’aération.

«Ce n’est pas la faute du serpent. Le serpent a fait ce que des millénaires d’évolution lui ont dit de faire. Celui qui aurait dû mieux savoir, c’est Jean-Claude Savoie», a dit Pierre Roussell.

M. Savoie est accusé de négligence criminelle pour la mort des deux meilleurs amis de son fils, qui dormaient sous son toit le 5 août 2013. Son python de Séba de 3,7 mètres de long avait alors étouffé et mordu Noah et Connor Barthe, âgés de 4 et 6 ans.

Jean-Claude Savoie, Accusé
Photo courtoisie
Jean-Claude Savoie, Accusé

Pas nouveau

D’après le témoignage de Ocean Eagles, ex-bénévole de l’animalerie de M. Savoie, son ancien patron lui aurait raconté que l’animal avait déjà réussi à accéder au système de ventilation et qu’environ la moitié de son corps pendait de l’extrémité du tuyau.

Jean-Claude Savoie aurait dû, «comme toute personne raisonnable», replacer le couvercle de la bouche d’aération et prendre les moyens nécessaires afin d’éviter que celui-ci ne retombe.

Dangereux

La preuve, a-t-il affirmé, a démontré que l’accusé savait que son python était dangereux, et son inaction est «la seule raison que ces deux garçons ne sont plus avec nous aujourd’hui», a dit Me Roussell.

Plus tôt en journée, l’avocat de Jean-Claude Savoie a offert une interprétation bien différente.

M. Savoie aurait raconté à Mme Eagles que seule la tête du serpent avait réussi à atteindre le salon. Le reste du corps, trop gros, était resté pris du côté du vivarium. Pour M. Savoie, il s’agissait d’une démonstration suffisante qu’il n’était pas nécessaire de fixer à nouveau le couvercle de la bouche d’aération. Plusieurs témoins estimaient aussi que le serpent ne pouvait s’enfuir puisqu’il était trop gros pour passer dans le conduit.

«Oui, il a fait une erreur, et les conséquences ont été catastrophiques, a affirmé Me Leslie Matchim. Jean-Claude Savoie aurait-il réellement omis de prendre les mesures nécessaires afin de réparer la bouche d’aération dans son propre appartement, là où il habitait avec son fils, s’il pensait que le serpent posait réellement un risque?»

Le sort de M. Savoie repose désormais entre les mains des jurés.

 

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