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Ma réponse à Safia Nolin-TLMEP

Ma réponse à Safia Nolin-TLMEP
Sébastien St-Jean/AGENCE QMI

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Je n’ai pas écouté TLMEP ce soir.

Un souper de famille pour mon anniversaire.

Tout le monde est arrivé propre. Après tout, c’est une occasion spéciale.

Mais là, des âmes bienveillantes m’écrivent pour m’informer que Safia Nolin  s’en est (encore) prise à moi.

Ça commence à m’agacer.

La seule chose que j’ai écrite au sujet de Safia Nolin, suite à quoi elle m'a envoyée une lettre vitriolique  (ainsi qu’à des trolls anonymes sur les médias asociaux) ce sont trois lignes dans mon texte sur le gala de l’ADISQ »

Je vous les recopie ici, si vous ne les avez pas lues.

« Je comprends que tous les musiciens ne sont pas des cartes de mode. Mais porter un jeans, un t-shirt, une petite jaquette de laine grise, et des sneakers blancs noircis par la saleté à un gala, c’est très ordinaire. J’adore la musique de Safia Nolin, mais se mettre du linge propre pour se montrer devant des centaines de milliers de gens, est-ce vraiment trop demander? »

 

Là, si safia Nolin considère que ces trois lignes sont de l’intimidation, c’est elle qui a un problème.

Si elle considère que ces trois lignes sont une attaque épouvantable, c’est son problème.

Si elle considère que ces trois lignes sont aussi horribles que des inconnus qui se lèvent à deux heures du matin pour vomir sur sa personne sur Facebook, c’est SON problème.

 

Depuis huit ans, comme chroniqueuse au Journal de Montréal/Journal de Québec, j’ai exercé mon métier de critique culturelle.

 

J’ai critiqué le langage, l’attitude, le comportement, la musique, le jeu, les paroles, les déclarations, les œuvres de centaines d'artistes.

J’ai égratigné Ginette Reno, Joël Legendre, Véronique Cloutier, Louis-José Houde ou Serge Denoncourt. Je pense à chaque fois m’être basé sur des éléments objectifs, des arguments rationnels.

Bizarrement, aucun d’entre eux n’a crié à l’intimidation.

S’il fallait qu’à chaque fois que j’ai critiqué un artiste que celui-ci ou celle-ci crie à l’intimidation , on n’aurait pas fini de faire la une des journaux !

Depuis des années, des critiques, moi et d’autres, dénoncent le côté débraillé des galas québécois.

La chemise de bûcheron de Kevin Parent, la camisole de Dan Bigras, le mâchage de gomme de tout un chacun.

Et il faudrait que Safia Nolin soit traitée avec des pincettes... parce que c’est une femme ?

Non.

L’égalité hommes-femmes, ça signifie que les femmes sont traitées comme les hommes. Critiquées comme les hommes, pas de traitement de faveur.

Si Safia n’aime pas ce que j’ai écrit sur elle au lendemain du gala de l’ADISQ, tant pis pour elle.

Si Safia Nolin n’est pas capable de prendre la critique, n’est pas capable de supporter que j’écrive trois lignes en soulignant à quel point j’aime sa musique, c’est un cas désespéré.

Je lui souhaite une longue et fructueuse carrière. Elle le mérite.

Et je me permets de lui faire une recommandation : qu’elle arrête de confondre les propos véritablement haineux tenus par des trolls sur Twitter et des réserves légitimes émises par des gens qui ne lui veulent que du bien.