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Un an après, la France commémore dans la sobriété les attentats du 13 novembre

Des milliers de Français ont commémoré sobrement les attaques djihadistes qui ont fait 130 morts

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La France a rendu hommage, dimanche, lors de cérémonies d’une grande sobriété, aux 130 victimes des attaques djihadistes qui ont endeuillé Paris il y a exactement un an et fait plonger le pays dans une nouvelle ère.

Le président François Hollande a ouvert ces commémorations au Stade de France, au nord de Paris, où avait débuté les pires attaques jamais commises en France, qui ont fait au total 130 morts et plus de 400 blessés, dont une vingtaine restent hospitalisées. 

L'explosion de la bombe d'un kamikaze y avait tué un homme de 63 ans, Manuel Dias. Le chef de l'État a dévoilé une plaque en son honneur, sur la porte D du stade, sans dire un mot. À moins de six mois de l'élection présidentielle, les autorités ne veulent pas être accusées de «récupération politique».

Seul le fils de la victime, Michael Dias, a pris la parole, appelant à répondre aux terroristes par la «tolérance» et «l'intelligence». 

Le président socialiste s'est ensuite rendu dans le nord-est branché et cosmopolite de la capitale, où il doit dévoiler des plaques sur les autres sites frappés le 13 novembre 2015: des bars et restaurants et la salle de concerts du Bataclan. 

La veille, Sting a redonné vie à cette salle, où 90 personnes furent tuées en plein concert il y a un an. Après une minute de silence, la star britannique a chanté pour «se souvenir de ceux qui ont perdu la vie dans l'attaque, ensuite célébrer la vie, la musique dans ce lieu historique».

Pendant une heure et demie, des sourires et des larmes ont inondé les visages. Après les dernières notes de «The Empty Chair», dernier titre joué par Sting, nombre des 1 500 spectateurs sont tombés dans les bras les uns des autres.

Le carnage, revendiqué par l'organisation jihadiste Etat islamique, a traumatisé la France. EÉat d'urgence, mesures sécuritaires inédites, crispations à l'égard de la communauté musulmane: le pays, ciblé depuis par d'autres attaques jihadistes, s'est durci. Les rescapés et proches endeuillés se débattent, eux, pour tenir à distance la souffrance, la peur et la haine.

«Nous ne sommes plus tout à fait ce que nous étions avant», écrit le quotidien Le Parisien en Une, en évoquant la «balafre» laissée sur «le visage de la France»: le patrouilles militaires à Paris, les grands événements annulés, les mesures de sécurité renforcées dans les écoles et ailleurs.

Un an après l'horreur, 56% des Français restent «en colère», selon un sondage  publié par le journal.

Jour de deuil

Dimanche, le parcours des officiels, se conclura devant la salle du Bataclan, entièrement rénovée. Des victimes et survivants de l'attaque, dont des membres du groupe de rock américain Eagles of Death Metal, en conflit avec la direction de la salle depuis qu'ils émis des soupçons à l'encontre de ses vigiles, devraient assister à la cérémonie.

Dépôt de gerbes, minute de silence, noms des victimes égrenés: les cérémonies ressemblent à celles organisées un an après les attentats de janvier 2015 contre le journal satirique Charlie Hebdo, des policiers et des juifs (17 morts).

Un rassemblement public est également prévu à la mi-journée devant la mairie du quartier le plus touché, à l'issue duquel seront lâchés des ballons. Une femme, intervenue la nuit du 13 novembre en tant que personnel soignant, jouera du piano et un choeur de gospel interprétera «un chant d'espoir».

L'après-midi, les victimes sont invitées à une «table ronde» en présence notamment d'un psychiatre et d'un historien. «C'était important pour nous que ce ne soit pas politico-politique. Pour les victimes, c'est leur jour de deuil, leur jour de rassemblement», souligne Caroline Langlade, de l'association de victimes Life for Paris.

L'archevêque de Paris, le cardinal André Vingt-Trois, présidera pour sa part dimanche soir à la cathédrale Notre-Dame une messe en hommage aux victimes. 

Des lanternes doivent aussi être déposées le soir le long d'un canal proche de plusieurs terrasses ciblées par les attaques. Une association de victimes, «13 novembre: fraternité et vérité», appelle les Français à participer en allumant une bougie à leurs fenêtres.

«Nous voulons que la journée du 13 novembre garde un caractère solennel, entièrement tourné vers la mémoire des événements, le souvenir, la solidarité», souligne Georges Salines, président de cette association.